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ANALYSE

Centrafrique : débâcle ou enlisement de la transition


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 11 Avril 2013


Crédis photos : LE MATIN.ma
Crédis photos : LE MATIN.ma
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE

Alors que d’un côté les forces armées hétéroclites qui ont porté au pouvoir le nouvel homme fort de Bangui continuent de démontrer avec outrecuidance leurs insatiabilités en matière de pillages, de l’autre côté le président auto proclamé nomme des personnalités à des postes de responsabilités bien que toutes les infrastructures administratives ont été pillées et saccagées. On n’a même l’impression que le changement brutal du régime défunt orchestré par le géant voisin au pied d’argile semble être la goutte qui a débordé le vase sur la scène internationale. Il suffit de passer au peigne fin les chapitres de la contestation, de la condamnation et de la sanction sur l’échiquier international pour se rendre à l’évidence que la République Centrafricaine vit présentement en vase clos.

Il s’emblerait que les Chefs d’états africains en général et ceux de la CEEAC en particulier trouvent inadmissible l’ingérence perpétuelle du Tchad dans les différentes crises inter centrafricaines. Tellement que les raisons démonstratives et convaincantes de l’éviction de l’ancien locataire du palais de la renaissance n’ont pas été bien élucidées, les Chefs d’états de la CEEAC ont préféré boycotter la récente réunion de N’djamena par leurs absences massives. Bien que la transition se grippe sur le plan international, les clans se forment à Bangui autour du pouvoir du premier bailleur de l’hôtel Ledger. En revanche, une brocante très achalandée s’exerce d’une manière hebdomadaire dans une bourgade d’un pays voisin en vue d’écouler à tout va les objets de pillages issus de la crise centrafricaine. Il est aisé de reconnaître que seuls les biens immobiliers de Centrafrique ont échappé à cette braderie. La commune renommée raconte que les rebelles risquent même de tracter toutes les maisons luxueuses de Centrafrique en vue de les vendre ailleurs…Hélas !

La Centrafrique est toujours en ruine, rien n’est encore fait pour annoncer une quelconque rénovation. Les décombres sont encore palpables et le paysage donne une vue assez choquante du pays alors que le nouvel homme fort de Bangui et ses acolytes semblent se complaire de l’environnement sociétal et politique. On se demande encore comment est ce que le Gouvernement fera pour gérer les charges fixes de l’état et venir également à bout des défis qui s’imposent au pays surtout lorsqu’on sait que la Centrafrique ne vit que d’une assiette fiscalo-douanière ? Mais quelle hallucination ! Tous les signes sont présentement visibles pour admettre l’état anarchique de la République Centrafricaine. Il est certain qu’à la lumière de la réalité politique et sécuritaire du pays, la Centrafrique devient de plus en plus un état infréquentable. A posteriori, une vague de désamour se fait observer de fil en aiguille vis-à-vis de la classe politique centrafricaine et des voix s’élèvent peu à peu pour demander une rupture politique et un changement radical de la gestion de la chose publique…Néanmoins, si cette transition se transforme en eau de boudin, tous les hommes politiques qui ont cautionné le coup de force, en feront les frais.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE