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ANALYSE

Centrafrique  : Analyse et décryptage d’une transition qui donne une poussée d’adrénaline


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 6 Août 2013 modifié le 7 Août 2013 - 02:05


Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE

Faille t’il placer toujours la main en visière pour scruter dans les moindres détails ce que l’avenir réserve aux Centrafricains durant cette période post conflit ? Après cinq (5) mois d’éviction de l’ancien régime, la junte au pouvoir peine toujours à sécuriser la Centrafrique toute entière. Les actes de barbaries perdurent, l’économie est toujours dans un état calamiteux, l’insécurité a atteint son paroxysme et la junte au pouvoir affronte difficilement les défis colossaux qui s’imposent au pays. En dépit, des multiples nominations et affectations abracadabrantes faites par le Chef de la junte au pouvoir, la précarité sociale demeure iconoclaste et le paysage politique macère encore les ingrédients d’une haine inextinguible parmi les personnalités qui font l’actualité. D’ores et déjà, les nouvelles autorités s’adonnent à un politique spectacle en vue de captiver la communauté internationale et de redonner une certaine confiance de façade dans la Centrafrique profonde…Un véritable badigeonnage politique qui caractérise la face cachée de l’iceberg de la junte au pouvoir.

Il n’est un secret de polichinelle pour personne que les nouvelles autorités ne contrôlent guère tout le territoire centrafricain. Cette politique à deux vitesses crée un mécontentement dans le monde rural à tel enseigne que les Centrafricains s’interrogent sur l’issue de la transition. D’ailleurs on a l’impression que la junte au pouvoir assimile à tort et à travers la transition à un mandat quinquennal. La cerise sur le gâteau viendrait de l’orientation politique hasardeuse des enturbannés. Après une grande mutation nominative au sein des forces armées centrafricaines, le Chef de la junte procède à un redéploiement généralisé des personnels auprès de toutes les représentations diplomatiques de la Centrafrique à l’extérieur. Aussi, il affecte unilatéralement aux forces armées centrafricaines(FACA), une nouvelle appellation qui suscite en ce moment un émoi et une suspicion dans l’environnement sociétal. Ces grandes mutations nominatives et ces réformes structurelles sont certes bénéfiques pour la Centrafrique longtemps meurtrie par des crises internes, seulement, l’actuelle transition nécessite une feuille de route précise et succincte pouvant fédérer toutes les forces vives de la nation.

Il est d’une évidence absolue qu’une transition doit être fusionnelle, fédératrice et non source de dissension ou d’intérêt égoïste grégaire. Comment la junte au pouvoir peut’ elle faire une grande mutation nominative en si peu de temps alors qu’elle est sensée diriger juste une transition qui a une durée limitée ? A-t-elle évalué le coup financier du redéploiement massif de tous ces personnels auprès des différentes représentations diplomatiques sachant que le pays traverse encore un marasme économique sans précédent ? Pourquoi un changement brutal d’appellation des forces armées centrafricaines alors qu’une telle réforme structurelle incombe à un régime légitime ? Ces différents questionnements laissent transparaître clairement les intentions inavouées des enturbannés. A priori, la junte au pouvoir a réellement un problème d’orientation et de feuille route pour rendre la transition beaucoup plus consensuelle.

Au lieu de détricoter les forces armées centrafricaines et toute l’administration par des nominations fantaisistes, les enturbannés doivent dans un premier temps sécuriser tout le territoire centrafricain. Ensuite, ils devront redéployer l’administration centrafricaine sur tout le territoire et jeter par la suite les bases d’une réconciliation nationale en vue de préparer les prochaines échéances électorales. L’idée sous jacente est d’inciter la plupart des Centrafricains, qui ont pris le chemin de l’exil depuis le début de la crise, de rentrer définitivement au pays. Pour ce faire, les nouvelles autorités doivent mettre en place un cadre de concertation et de dialogue permanent entre les fils et les filles de Centrafrique dans l’optique de fédérer toutes les énergies nécessaires pour une paix durable. Il est aisé de reconnaître que la transition consensuelle passera par la philosophie d’une communauté de destin entre tous les Centrafricains sans exception. Au demeurant, la Centrafrique ne peut s’engager dans une transition constructive avec des dissensions de principe en toile de fond.

Toutefois la restructuration de l’armée centrafricaine, qui nécessite un travail concerté, doit de prime abord être débattue à travers une plate forme interne des états généraux des forces de défenses avant une prédisposition quelconque. A fortiori, ces orientations méthodiques échappent aux nouvelles autorités qui confondent vitesse et précipitation au point de prendre des décisions subtiles qui divisent l’opinion nationale sur la gestion républicaine de la transition. Cependant, il faut admettre que le peuple centrafricain (toutes les forces vives de la nation et la diaspora y compris) doit définir un nouveau pacte républicain qui orientera non seulement la transition mais balisera également l’avenir du pays. Ce pacte républicain doit être idéalisé au fusain et au burin pour une Centrafrique irréprochable.
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
(RJPM) Chroniqueur, Polémiste
mayterodrigue@yahoo.fr France (Vitré)