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POINT DE VUE

DJIBOUTI : Le khat, l’arme du régime dictatorial


Alwihda Info | Par Mahdi Hassan Iltireh - 11 Avril 2018 modifié le 11 Avril 2018 - 06:31

André Laudouze, dans son remarquable ouvrage, Djibouti : nation-carrefour, a révélé que le khat est une substance aux propriétés comparables à celle des amphétamines : la cathine.


Malgré les controversés, on peut remarquer que, dans le trente-quatrième rapport du comité d’OMS d’experts de la pharmacodépendance adopté en mars 2006, les principaux composants psychoactifs présents dans le khat sont la cathinone et la cathine (norpseudoéphédrine) qui sont inscrit au tableau de la convention de 1971, ainsi que la norephédrine, qui est placée dans le cadre de la convention 1988. Encore plus loin, les experts ont affirmé que : on ne connait aucune utilité thérapeutique confirmée à cette substance. Les études scientifiques et médicales, on sait aujourd’hui que les conséquences du khat sont si nombreuses. Plus précisément, dépendance isolement et retrait sociale, et de la démotivation sont constatés chez les consommateurs.

La prohibition de khat : une réalité ou illusion ?

Il est d’ailleurs révélateur à cet égard, que toutes tentative d’interdiction entreprises par l’ancien Président Gouled se sont soldés par l’échec. Où que notre regarde se pose, les autorités en place use comme une arme politique, et, à chaque période électorale, on distribue de bottes de la précieuse plante dans le but de séduire les électeurs. Ainsi, selon l’ex-ministre de la Santé, Abdallah Abdillahi Miguil, a déclaré en 2006 que : sa consommation représente, de manière directe ou indirecte, 23 % des dépenses de santé." Sans parler de l'impact de ces longs après-midi non travaillés sur le PIB du pays.

Il est donc apparent que actuelle le gouvernement consacre une volonté politique et investissement sur la sécurité logistique de l’importation du Khat provenance de l’Ethiopie. Dans ce cadre, l'Office des Nations unies pour le contrôle de la drogue et la prévention du crime, indique que les Djiboutiens consacreraient chaque année 120 millions d'euros à l'achat de khat. Aujourd’hui, considéré comme l’un des grands fléaux sociaux, économique et politique du pays, il conviendrait peut-être de songer à interdire cette drogue dure. À cet égards, force est de constater que Djibouti a donc adhéré en 21 février 2001, la convention sur les substances psychotropes.

Pourtant et pour rappel, le khat est contrôlé dans un certain nombre de pays européens comme la Belgique, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, la France, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Slovénie, la Finlande, la Suède, la Norvège et la Suisse.

Le khat, un outil efficace pour masquer une réalité insupportable.

Sans doute, comme l’a exprimé pertinemment Ali Moussa Iye, "dans la lutte pour le pouvoir, il s’est imposé comme la pièce maîtresse de l’assujettissement et de la corruption des esprits". Suivant, à cet égard, il semble juste de dire que le gouvernement de l’Etat légitiment et favorisent la consommation de cette drogue.

En somme, il n’est guère rarissime pratiquement pendant les élections présidentielles ou législatives, le khat est un moyen de compagne politique. Il est vrai que, dans la contestation sociale ou politique, l’usage du khat est considère comme un outil efficace pour éloigner les citoyens du débats sur la réalité socio-économique et politique de l’Etat. Il est extrêmement pertinent de garder à l’esprit, que le régime dictatoriale accord une grand importance à l’importation du khat par rapport aux denrées alimentaires. De faite, le régime en place facilite la consommation de cette drogue pour masquer une réalité insupportable, le chômage endémique et la pauvreté.