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ANALYSE

Débat sur la constitution au Congo : la souveraineté du peuple prise en otage par les politiques


Alwihda Info | Par Arcy Ouenabio - 6 Octobre 2015 modifié le 6 Octobre 2015 - 14:31

Le peuple congolais est appelé à se rendre aux urnes le 25 octobre 2015, à l’occasion du référendum constitutionnel. La parole est donnée au souverain primaire pour qu’il tranche entre ceux qui aspirent à l’évolution des institutions et ceux qui prônent le statu quo. Ce qui conforte la thèse selon laquelle aucun parti politique n’a le monopole de la souveraineté Populaire.




Le débat sur le changement ou non de la constitution du 20 janvier 2002 a évolué. L’attention des Congolais est dorénavant focalisée sur le référendum dont la date est connue : il se tiendra le 25 octobre 2015 sur toute l’étendue du territoire national, selon le compte-rendu du conseil des Ministre du 05 octobre 2015.

Il s’agit de donner la parole au PEUPLE congolais. Mais, qui est le peuple, au regard de ce qui apparaît comme une dénégation par l’homme politique. En effet, les hommes politiques congolais disent que le peuple est souverain. Ceci est pourtant vrai. Sauf que ces hommes politiques veulent prendre cette souveraineté en otage. L’observation attentive du discours politique de l’opposition congolaise, notamment, tend à faire comprendre qu’elle s’approprie le peuple et sa souveraineté.

Le changement ou non de la constitution qui induit l’organisation ou la réorganisation générale de l’Etat n’est pas l’affaire d’un parti politique, ni d’un groupement de partis. Il est un sujet essentiellement national qui oppose, aujourd’hui, deux blocs politiques dans le pays.

Il faut bien qu’il y ait quelqu’un de « suprême » qui intervienne entre les deux camps pour arrêter le débat. Evidemment, faute d’avoir physiquement recours à Dieu, il n’y a pas plus que le peuple pour le faire. D’où l’adage populaire qui dit : « la voix du peuple est la voix de Dieu ».

Et, même si les partis politiques au Congo étaient tous, unanimement, d’accord sur le principe, le souverain primaire, le peuple serait consulté, en dernier ressort.

Les sages et cadres des départements du Congo, allant de la Likouala à Lékoumou, en passant par la Cuvette Ouest, la Cuvette, les Plateaux le Niari et bien d’autres qui ont demandé au président de la République de changer la constitution en vigueur font bien parti du peuple congolais dont parle l’homme politique. A moins que l’opposition prouve le contraire. De même que les partisans de l’opposition qui estiment que la constitution du 20 janvier 2002 ne doit pas être changée constitue une partie du peuple congolais.

Seulement, dans un pays où les sondages d’opinion ne sont pas monnaie courante, l’opposition radicale, notamment, affirme sans précaution que « tout le peuple congolais est contre le projet de référendum ».

Alors, doit-on comprendre par là que les opposants, parce qu’ils se veulent radicaux ont volontairement exclu du Congo, tous ceux qui ont un point de vue contraire au leur sur la question du changement ou non de la constitution du 20 janvier 2002 ?

Quand ils ont tenu leur meeting le 27 septembre dernier à Brazzaville, les opposants radicaux ont affirmé que c’était « la réponse du peuple congolais » au président de la République ». Pourtant pendant ce meeting, aucun militant de base, simple citoyen n’a pris la parole. C’était plutôt les mêmes leaders qui ont dit les mêmes choses aux curieux et autres partisans présents.

Dans cette façon biaisée de présenter le peuple, l’opposition veut faire croire que ne sont considérés comme faisant partie du « peuple congolais » que ses partisans qui sont contre le projet de référendum constitutionnel. Mais, elle ne dit pas où est-ce qu’elle place les autres Congolais qui veulent bien que le référendum se tienne.

Le paradoxe évident qui est tout aussi incompréhensible sans ce raisonnement de l’opposition est qu’elle se présente comme défenseur de la démocratie mais en même temps refuse au peuple dans la diversité qui renforce sa souveraineté d’être consulté sur une question qui pose des problèmes fondamentaux de la République. Etonnant quand même !

 



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