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EXCLUSIF Le rapport enterré qui accable la voiture électrique


Alwihda Info | Par Abdel Ahmat - 3 Décembre 2008 modifié le 3 Décembre 2008 - 15:16

Le véhicule "grand public" d'ici 2030 : le rapport sur l'automobile du futur rédigé sous la direction de Jean Syrota, polytechnicien, expert en énergie, dort dans les tiroirs d'Éric Besson, secrétaire d'État chargé, entre autres, de la prospective. Prêt le 28 septembre, juste avant le salon de l'automobile, le


EXCLUSIF Le rapport enterré qui accable la voiture électrique
Le véhicule "grand public" d'ici 2030 : le rapport sur l'automobile du futur rédigé sous la direction de Jean Syrota, polytechnicien, expert en énergie, dort dans les tiroirs d'Éric Besson, secrétaire d'État chargé, entre autres, de la prospective. Prêt le 28 septembre, juste avant le salon de l'automobile, le document n'a toujours pas été publié. Pour quelles raisons ? Il ne faut pas chercher très loin. À l'heure de la "croissance verte" que défend avec toute sa vivacité et son humour Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Écologie et du Développement durable, ce rapport n'est pas politiquement correct. Et pour cause, il "dézingue" la voiture tout-électrique et offre un sursis au bon vieux moteur à explosion.

Point de départ : "Le parc mondial d'automobiles pourrait doubler d'ici à 2030, passant d'environ 650 millions aujourd'hui à 1,4 milliard d'unités. Les ventes annuelles de véhicules neufs sont aujourd'hui de plus de 35 millions dans les pays de l'OCDE et de 15 millions pour le reste du monde. En 2030, elles pourraient atteindre des niveaux respectivement de l'ordre de 45 millions et de 50 millions par an." Dans l'avenir, il faudra être en mesure de répondre à deux défis majeurs : réduire la consommation de pétrole et réduire les émissions de CO2. Comment y arriver ? Le rapport passe en revue l'avenir des différents modes de propulsion :

- le carburant liquide , issu du pétrole de la biomasse, du charbon ou de gaz, conserve tout son intérêt. Car il dispose d'un avantage indéniable : "Le parc de stations services (...) les infrastructures pour le produire et le distribuer existent."

- Le gaz naturel a l'avantage d'avoir un bon "rendement de combustion" mais "le stockage du gaz à haute pression dans le véhicule pose des problèmes de sécurité et il faudrait créer des infrastructures coûteuses pour alimenter les véhicules".

- L'air comprimé et l'hydrogène sont pratiquement à prohiber. "L'hydrogène bénéficie actuellement d'un engouement médiatique qui ne repose sur aucune perspective d'avenir." Sans compter que "la fabrication de piles à combustibles utilisera toujours des matériaux nobles, rares et donc coûteux".

- L'électricité offre à première vue l'avantage de ne pas polluer et d'être silencieuse, ce qui pour les centres villes encombrés est particulièrement bienvenu. Sauf que l'électricité sera produite pour une part plus ou moins grande à partir de combustibles fossiles, ce qui entraîne des émissions de CO2. Et puis "le véhicule électrique reste coûteux, ses performances de vitesse très médiocres, son autonomie limitée, et le temps de rechargement des batteries peut être très long".

Pour Jean Syrota, l'auteur du rapport il faut donc creuser dans deux directions. Tout d'abord réduire la pollution des véhicules thermiques actuels : en réduisant les cylindrées mais en intégrant un nombre invraisemblable d'accessoires (distribution variable, commande électromagnétique des soupapes, système stop & go...). Mais aussi miser sur le véhicule hybride rechargeable ("plug-in") : l'hybride combine les avantage de l'électrique en ville et des carburants liquides sur route. Il lui faudra intégrer tous les progrès possibles sur les véhicules à carburants liquides. Une conclusion qui, convenons-en, ne fait pas rêver, mais qui frappe par sa grosse dose de réalisme. Et qui, surtout, est une grosse pierre dans le jardin des constructeurs, en France, qui comme Renault, Dassault ou Bolloré, misent sur le tout-électrique.

Source:
http://www.lepoint.fr/