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AFRIQUE

Hommage : Habib Bourguiba célébré à Yaoundé


Alwihda Info | Par - 8 Avril 2019 modifié le 14 Avril 2019 - 19:14

Une table ronde portant sur la vie et l’œuvre de l’ancien président tunisien a été organisée le 8 avril 2019 au Centre International de l’Artisanat de la capitale camerounaise.


Jalel Snoussi, ambassadeur de Tunisie au Cameroun : « Bourguiba est l’ADN de la Tunisie moderne ».
Jalel Snoussi, ambassadeur de Tunisie au Cameroun : « Bourguiba est l’ADN de la Tunisie moderne ».
Parler de Habib Bourguiba, grand homme d’Etat, est véritablement un exercice difficile tant le personnage est multiple. En effet, il aura été tour à tour avocat engagé, journaliste militant, dirigeant de parti, Premier ministre et président de la République. Et même si son long passage à la tête de son pays a été qualifié par certains observateurs de « pouvoirisme exacerbé », il n’en demeure pas moins vrai que Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie, décédé le 06 avril 2000, après trois décennies au pouvoir, a beaucoup travaillé pour son pays.
Cela étant, en reconnaissance de son immense œuvre, le charismatique dirigeant qui aura porté sur ses fonts baptismaux le parti Néo-Destour est célébré dans son pays le 06 avril de chaque année. C’est dans cette mouvance que l’ambassade de Tunisie au Cameroun, en collaboration avec l'Association "Concorde", a organisé une table ronde le 08 avril 2019 à Yaoundé. L’homme qui est parmi les pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en mai 1963, à côté d’autres grands noms comme Kwame Nkrumah, Léopold Sedar Senghor ou Julius Nyerere, a longuement milité pour la souveraineté des peuples d’Afrique.
Outre la riche intervention de l’ambassadeur de Tunisie au Cameroun, Jalel Snoussi, l’assistance a suivi deux exposés présentés par Mme Ekani Zinga Alice Mathilde, spécialiste de l’histoire culturelle et Aurélien Mvesso Nganti, anthropologue-chercheur, tous deux de l’université de Yaoundé I. La vie et l’œuvre de Bourguiba ont ainsi été déclinées par les panélistes autour de plusieurs tableaux : les temps forts de sa vie, la construction de la Tunisie moderne, avec en prime, la question de la famille, le système éducatif tunisien, le tribalisme, l’institution militaire et le syndicalisme. L’on a aussi évoqué les erreurs de l’homme Bourguiba, l’icône incontesté devenu faillible.
En dépit de tous les éloges faits sur lui, son bilan est marqué par quelques points noirs sur le plan politique : l’opportunité historique de démocratisation, la guerre de Bizerte, la présidence à vie et une longévité au pouvoir etc. Qu’à cela ne tienne, l’image que l’immense majorité des Tunisiens garde d’Habib Bourguiba est celle d’un homme fort, visionnaire et pionnier.
« Si je pouvais résumer l’œuvre de Bourguiba en un seul mot, je dirais que Bourguiba est l’ADN de la Tunisie moderne » : c’est en ces termes que l’ambassadeur de Tunisie au Cameroun a terminé son long exposé sur un sujet qu’il a qualifié lui-même de « vaste, complexe et riche ». En définitive, comme il l’a si bien rappelé, « la Tunisie actuelle ne peut être analysée ou comprise qu’à l’aune de l’héritage de Bourguiba ». On en veut pour preuve, les différents domaines qui constituent la pierre angulaire du développement socio-économique du pays : l’éducation, la santé, le développement humain, la famille et l’émancipation de la femme entre autres.



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