L’affaire, qui remonte à quelques semaines, a trouvé son dénouement judiciaire partiel ce matin. L'accusée, une jeune mère de 24 ans, devait répondre du chef d'accusation d'abandon d'enfant dans des conditions mettant sa vie en péril.
À la barre, la jeune femme a d'abord tenté de plaider l'innocence, soutenant que son enfant avait disparu pendant qu'elle effectuait des courses. Mais face à la précision des rapports d'enquête, elle a fini par s'effondrer et passer aux aveux.
Pour expliquer son geste, elle a invoqué la précarité et l'abandon paternel :
« Le père de l'enfant a pris la fuite, me laissant seule. Je ne pouvais plus supporter la charge de cet enfant », a-t-elle confessé avec amertume devant des juges impassibles.
Le réquisitoire sévère du Procureur
Pour le Procureur de la République, la détresse sociale ne saurait justifier une telle atteinte à la vie. Il a souligné le caractère sacré du lien maternel, rappelant qu'une mère ayant porté une grossesse à terme ne peut se résoudre à un acte aussi "criminel".
Le ministère public a ainsi requis :
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5 ans d'emprisonnement ferme ;
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500 000 FCFA d'amende.
Après avoir entendu les réquisitions, le tribunal a ordonné le maintien de l'accusée en détention à la maison d'arrêt de Klessoum. L'affaire a été mise en délibéré et le verdict final sera rendu lors de l'audience du 12 janvier 2026.
Ce procès relance une nouvelle fois le débat sur la prise en charge des mères célibataires en situation de grande précarité au Tchad et sur la responsabilité des pères démissionnaires.
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Justice : 5 ans de prison requis contre une mère pour l’abandon de son nourrisson à N'Djamena







