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AFRIQUE

N'Djamena-Kousseri : le Tchad et le Cameroun font le point sur des "tensions"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 24 Juin 2021

Les délégations des deux pays se sont penchées sur les difficultés qui menacent la sécurité des villes situées le long des frontières et les solutions à envisager pour renforcer la cohabitation entre les deux peuples.


Le comité mixte de sécurité N'Djamena-Kousseri s'est réuni le 22 juin dans la ville frontalière de la région de l'Extrême Nord du Cameroun, quelques jours après la réouverture de la frontière commune. Les délégations du Tchad et du Cameroun se sont penchées sur les difficultés qui menacent la sécurité des villes situées le long des frontières et les solutions à envisager pour renforcer la cohabitation entre les deux peuples.

Le Tchad était représenté par le délégué général du gouvernement auprès de la commune de N'Djamena, Djibert Younous, à la tête d'une délégation comprenant notamment le procureur de la République, Youssouf Tom, et le maire de N'Djamena, Ali Haroun. La relance de la réunion est due à « la vive tension entre les populations des deux pays et la montée de l'insécurité autour des frontières, notamment sur le pont de N'Gueli et le long du fleuve Logone », selon Djibert Younous. « Nous croyons qu'avec la reprise des activités, la question de l'insécurité peut être apaisée dans un proche délai si nous mutualisons nos efforts dans la sécurisation des frontières et dans le cadre de notre partenariat bilatéral », a déclaré Djibert Younous. Le Tchad souhaite une parfaite collaboration entre les entités judiciaires des deux pays, et un échange de prisonniers afin qu'ils purgent leurs peines dans leurs pays respectifs.

D'après le préfet du département du Logone et Chari (Cameroun), Ndongo Ndongo Jean Lazare, « cette synergie d'action de nos deux États a fait ses preuves dans la lutte contre la secte pernicieuse Boko Haram qui, bien que diminuée dans sa capacité opérationnelle, demeure néanmoins dangereuse et requiert une grande vigilance et beaucoup de professionnalisme de nos forces de défense et de sécurité ».
« Les relations entre les populations riveraines et les autorités en charge de l'encadrement sécuritaire dans nos deux villes ne sont pas un long fleuve tranquille. Quelques incidents survenus ces derniers temps sont susceptibles de mettre à mal les relations de bon voisinage, sur lesquels le comité mixte doit envisager des solutions pratiques, afin que nos populations puissent continuer à vivre dans l'harmonie et la paix, dans le respect de la souveraineté de chaque État », a dit Ndongo Ndongo Jean Lazare.

À l'origine de ces incidents qui ont pour certains couté la vie à des Camerounais et Tchadiens, se trouve la question centrale de la gestion du fleuve Logone, « frontière naturelle entre deux États, mais qui dans l'esprit de certains, serait une exclusivité d'un pays », déplore le préfet. Et ce, en violation de la convention des Nations Unis sur le droit de la mer du 10 décembre 1982, dont les deux pays sont signataires.