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Question à 1 shilling : Somaliland ou Issaqland ?


Alwihda Info | Par Mouvement patriotique "IOG doit partir" - 22 Mai 2017


Une délégation de la chambre d'enregistrement du tyran Guelleh emmenée par le député de la défunte USN, Aden Abdou, se trouve en ce moment dans l'état auto-proclamé du Somaliland. Une entité limitrophe qui a fait sécession de la grande Somalie en 1991. Que fait cette délégation de godillots dans cette contrée ? Il fallait regarder la télévision de cette entité pour connaître le motif surprenant de leur visite. Figurez-vous que l'ancien syndicaliste Aden Abdou, qui a d'ailleurs abandonné la lutte syndicale depuis qu'il a fait allégeance au despote Guelleh, et ses amis se sont rendus là-bas pour rencontrer leurs lointains cousins du clan de Warsangali. Un clan qui appartient à la tribu « Darod ». A la recherche de nos aïeux, tel est le but de leur escapade nous dit-on. Une précision : les députés-voyageurs de Guelleh seraient en majorité issus du clan afar « badoyta-m-méla ». L'ancêtre de ce clan était un somali warsangeli, le père de Badoyta. Une information confirmée par le chercheur afarisant Didier Morin dans son dictionnaire historique afar. Une visite mystérieuse. Selon les médias de cette contrée, les captifs de Guelleh vont être rejoint incessamment par le premier ministre djiboutien. Et si cela cachait un autre agenda ? En tout cas, nous le saurons bientôt !

En attendant de découvrir le fin mot de cette étrange visite, intéressons nous à l'entité qui a accueilli les députés du tyran IOG. D'une superficie d'environ 137 600 km², le Somaliland qui est un état autoproclamé a une frontière commune avec notre pays. Sa population est de 3,5 millions d’habitants dont plus du tiers habitent dans la capitale, Hargeisa, qui compte environ 1,2 million d'habitants. D'aucuns présentent cette entité comme une démocratie. Qu'en est-il réellement ?

Disons-le d'emblée, le pouvoir en place dans l'entité somalilandaise n'a rien à voir ni de près ni de loin avec la démocratie. Pour s'en convaincre, il suffit de visionner l'excellente vidéo ci-jointe, produite par le journaliste somalien free-lance Shiine Culay qui est d'ailleurs l'administrateur du site « faaqidaad.com ». Dans la vidéo, ce journaliste démontre que le système politique en vigueur dans la dite entité relève plutôt de l'ethnocratie. En fait, il s'agit ni plus ni moins d'une dictature ethnique, un Issaqland.

Il ne s'agit nullement d’incriminer les Issaqs mais plutôt la mafia qui se revendique de cette ethnie qui a pris en otage toute l'entité. En effet, seule une petite minorité qui gravite autour de l'équipe dirigeante profite pleinement des avantages du pouvoir, se goinfre sur le dos du reste de la population. Mais bizarrement, les membres de l'ethnie Issaq apportent un soutien massif et inconditionnel à la mafia qui les dirige. Solidarité ethnique, quand tu nous tiens !
Le parlement bicaméral de cette entité qui est composé d'une chambre haute, appelé Guurtida ou la Chambre des anciens, et d'une chambre basse ou Wakilada (chambre des représentants) est dominé par l'ethnie Issaq. Cette dernière Chambre dirigée par le dénommé Abdourahman Ciro, un issaq, comporte 82 sièges dont les membres sont élus pour cinq ans. 57 sont issus du clan Issaq. Le moins que l'on puisse dire est que cette ethnie s'est taillée la part du lion sans vergogne. A l'évidence, les Issaqs se sont octroyés la majorité des sièges et n'ont laissé que des miettes aux autres composantes de la contrée. Et la laissée-pour-compte est la tribu Issa avec un seul représentant. Selon la constitution de cette entité, les sièges de cette chambre sont censés repartir à la proportionnelle aux 6 régions que sont Awdal, Saahil, Maroodi Jeeh, Togdheer, Sanaag et Sool. Il est des lors légitime de s'interroger sur l'attribution d'un seul siège aux Issas. Dans la répartition des sièges de la chambre basse, la tribu Issa est victime d'une injustice délibérée. Une honteuse discrimination.

Pourquoi une telle hégémonie de l'ethnie Issaq ?

La mafia qui dirige l'entité séparatiste justifie leur mainmise par leur supposée lutte contre la dictature de Siyad Barreh. S'il est vrai que la rébellion dite Somali National Movement (SNM) a mené des opérations de guérilla contre les forces gouvernementales dans les années 1980, les hommes politiques isaaq qui trustent aujourd'hui le pouvoir à Hargeisa ont en revanche pratiquement tous servi dans les rangs de l’administration de Mohamed Siyad Barreh jusqu’en 1990. L'actuel président Silanyo a longtemps occupé les fonctions de ministre dans les différents gouvernements de ce dictateur et le chef de l'opposition Fayçal Ali Warabe, un voyou de la pire espèce, était quant à lui le pourvoyeur de chaires fraîches (putes) du général Mohamed Said Hersi dit Morgan (commandant militaire du nord de 1986 à 1988). Ces politicards hypocrites se font aujourd'hui une virginité en s’inventant des faits d'armes imaginaires alors qu'ils ne sont que des vulgaires « faqash », des minables collaborateurs du régime de Siyad Barreh.

Concernant la rébellion SNM, il s'agit d'un mouvement qui a été crée en 1981 à Londres par des exilés issaqs. Mais, il fait savoir que cette milice a été dès sa création téléguidée, soutenue tant financièrement que matériellement par l’Éthiopie. Après la chute du dictateur Siad Barreh, le SNM proclame unilatéralement l’indépendance de l'entité auto-proclamée dite « Somaliland » dans les frontières de l’ancienne colonie britannique d’avant 1960, le 18 mai 1991, par la voix de son président Abdourahman Ahmed Ali dit « Tur » (le bossu). Avant le SNM, l’Éthiopie avait crée un autre mouvement dans le seul but de disloquer la grande Somalie. Il s'agissait du Somali Salvation Democratic Front (SSDF). Créé en Éthiopie en 1978, c'était un mouvement à dominante majeerteen, une branche du grand clan Darod. Les éthiopiens ont placé à la tête du SSDF un certain Abdullahi Youssouf, un officier déserteur qui avait tenté de renverser Siad Barré à la fin des années 1970.

Contrairement à la propagande du SNM, ce n'est pas leur mouvement qui a chassé du pouvoir le dictateur somalien Siyad Barreh mais bien le « United Somali Congress » (USC). Créé en 1989, l'USC est un mouvement à dominante Hawiyeh et dirigé par le général Mohamed Farah Aidid. A la tête de ses hommes de l'USC, ce général fut le premier a pénétrer dans la capitale somalienne Mogadiscio et parvint à chasser du pouvoir le dictateur Barreh.

En s’autoproclamant indépendante d'une façon unilatérale, l'entité somalilandaise voulait mettre la communauté internationale devant le fait accompli et arracher ainsi la reconnaissance de son « indépendance ». Une démarche vaine. Cela a plutôt produit l'effet inverse. A l''indépendance escomptée, cette entité s'est vue opposer un refus catégorique unanime. En effet, aucune nation, ni aucune organisation internationale, qu’il s’agisse de l’ONU, de l’Union Africaine ou de la Ligue arabe, encore moins de l'Union européenne, ne reconnaît l’existence de cet état auto-proclamé. L'Union africaine n'a même pas envisagé leur accorder un statut d'observateur. Quant à l'ONU, l'ancienne ministre des affaires étrangères de l'état auto-proclamé et ancienne représentante de l'OMS à Djibouti entre 1991 et 1997, Mme Edna Ismail, a reconnu que cette instance internationale est « celle qui est réellement et ouvertement hostile au Somaliland ». Même leur puissant protecteur et parrain éthiopien n'a pas daigné leur apporter le soutien tant espéré. Jusqu'à présent, leurs multiples tentatives ont fait chou blanc.

Aujourd'hui, cette entité est entièrement sous influence éthiopienne qui le contrôle de fait. Pourquoi les Issaqs se sentent plus proches des éthiopiens que leurs vrais frères somaliens ? S'interroge-t-on. Tout simplement parce que la première subdivision de cette ethnie est d'une lignage non somali, ce sont les descendants d'une femme éthiopienne, les « habar habuusheed ». L'autre sous-clan s'appelle les « habar magaadle ». A contrario, les clans Dhulbahante, Warsangeli, Issa, Samarone qui sont marginalisés par le pouvoir central de Hargeisa se sentent, quant à eux, plus somaliens que somalilandais. D'ailleurs, deux régions, Sool et Sanaag, veulent officiellement se détacher de l'état auto-proclamé du Somaliland.

Outre la tutelle abyssine, l'entité dirigée par le clan mafieux à la tête duquel se trouvent les Silanyo, les Cirro, les Fayçal Ali Warabe ou la cupide Amina Cheik Mahamoud Jirde (épouse de Silanyo) vit aux crochets de notre pays. A cause de la présidente Khadra Haid, la petite Djibouti est devenue la vache à lait de l'état auto-proclamé du Somaliland. En effet, l'épouse du tyran Guelleh ne lésine pas sur les moyens, ponctionnés dans les caisses de l’État, pour venir en aide à sa patrie chérie. Somaliland first. Elle investit massivement dans cette contrée, avec de l'argent amassé à Djibouti. Des millions et des millions de dollars ont été injectés dans l'économie de cette entité limitrophe, au détriment de notre pays.

Pour finir, un mot sur le drapeau de cette entité : avant l'actuel drapeau, c'était celui du mouvement SNM qui faisait office de bannière et ce durant les six premières années (de 1991 à fin 1996). C'était un drapeau blanc avec un cercle vert au centre et portant en haut l’inscription « Allahu Akbar » (« Dieu est le plus grand ») écrite en arabe. Ce dernier sera remplacé par un nouveau drapeau qui est composé de trois bandes horizontales verte, blanche et rouge, de l’inscription écrite en arabe « La ilaha illallah Muhammad rasulallah » (« Il n’y a de dieu que Dieu et Muhammad est son prophète ») dans le champ vert, et d’une petite étoile noire à cinq branches placée au centre dans le champ blanc. Il paraît que l’étoile noire indique la « mort » de l’idée de la « Grande Somalie ». Un ridicule symbole. A y regarder de plus près, leur drapeau n'est qu'une pâle copie de celui de l’Italie. Double ridicule !

Dans un entretien accordé à la revue « Politique africaine » N° 120 datée de 2010, un ancien ministre de cet état auto-proclamé a fait cette confidence : « Je vous dis une chose : s'il y a la loi, l'ordre et un gouvernement à Mogadiscio, et si l'on rend aux gens leurs propriétés et que tout un chacun peut s'y sentir en sécurité, personne ne restera à Hargeysa ; tout le monde s'en ira à Mogadiscio ». A méditer !