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TCHAD

Sarkozy fait escale au Tchad pour arracher la grâce de Deby en faveur des six Français condamnés au Tchad


Alwihda Info | Par - Җ€BIЯ - - 26 Février 2008 modifié le 26 Février 2008 - 23:45


Nicolas Sarkozy effectue mercredi, sur le chemin de l'Afrique du Sud, une brève visite au Tchad où il a l'intention de "demander au président Idriss Déby d'accélérer le processus démocratique dans son pays", selon l'Elysée. En réalité, le président français fait une escale d'environ quatre heures au Tchad pour obtenir de la part de son homologue tchadien la grâce prompte des condamnés de l'Arche de Zoé.


Sarkozy fait escale au Tchad pour arracher la grâce de Deby en faveur des six Français condamnés au Tchad
Nicolas Sarkozy effectue mercredi, sur le chemin de l'Afrique du Sud, une brève visite au Tchad, où il a l'intention de demander au président Idriss Déby d'accélérer le processus démocratique dans son pays, a déclaré mardi soir le porte-parole de l'Elysée.

"C'est la France qui est la plus à même de faire bouger les lignes aujourd'hui au Tchad", a dit David Martinon.

"Le président de la République dira au chef de l'Etat tchadien que l'amitié entre nos deux pays ne pourra grandir et se renforcer qu'à condition que le processus de démocratisation du pays reprenne et s'accélère", a-t-il expliqué.

"Ça veut dire deux choses : d'abord qu'il est essentiel de relancer rapidement le dialogue politique inter-tchadien (...) et ensuite que toute la lumière soit faite et sans délai sur la disparition (de) deux opposants, M. Saleh et M. Yorongar."

Selon des témoins cités par l'organisation humanitaire Human Righs Watch (HRW), Ibni Oumar Mahamat Saleh et Ngarlejy Yorongar ont été arrêtés chez eux par des soldats après l'attaque avortée de rebelles contre N'Djamena début février, ce que contestent les autorités tchadiennes.

Cette organisation de défense des droits de l'homme basée aux Etats-Unis a estimé mardi que le président français ne devrait se rendre au Tchad qu'à condition que le gouvernement de N'Djamena prouve que les deux opposants vont bien.

"Le message du président à son homologue tchadien sera très clair : il faut une enquête crédible donc il faut une commission d'enquête crédible", a pour sa part déclaré David Martinon.

Une commission d'enquête "fiable" cela signifie une commission "internationale, avec des acteurs internationaux reconnus qui puissent savoir ce qu'il est advenu de ces deux personnes dont on n'a pas de nouvelles", précise l'Elysée.

Selon David Martinon, la visite du président français aura deux autres objectifs :

- "Réaffirmer l'amitié et la solidarité de la France envers le peuple tchadien qui est la première victime des crises à répétition que connaît le pays" ;

- réaffirmer la nécessité de déployer la force européenne de sécurisation de l'Est tchadien, l'Eufor, le long de la frontière avec le Darfour - environ 700 hommes aujourd'hui dont 200 au QG de N'Djamena, pour un objectif total de 3.700 militaires.

Nicolas Sarkozy avait dit le 4 novembre, lorsqu'il était allé chercher à N'Djamena trois journalistes français et quatre hôtesses de l'air espagnoles, arrêtés en même temps que six membres de l'organisation "L'Arche de Zoé", qu'il reviendrait à N'Djamena en février pour une visite politique.

L'Elysée admet cependant que le chef de l'Etat a hésité à effectuer cette visite dans les circonstances actuelles et n'a pris cette décision "qu'après mûre réflexion".

"Le président était conscient des avantages et des inconvénients pour lui et pour la France d'aller ou de ne pas aller au Tchad", explique son entourage. "Les arguments pour ne pas y aller étaient ceux de la facilité."

A l'inverse, "isoler Idriss Déby" c'était prendre le risque de "dérives" et de "toutes sortes de difficultés" et le "laisser seul face au Soudan et à la crise du Darfour", ajoute-t-on de même source. "Et donc c'était, d'une certaine façon, laisser le Tchad lui-même à vau-l'eau."

L'idée est notamment de faire en sorte que le processus de démocratisation aboutisse à des élections législatives en 2009.

Nicolas Sarkozy sera accompagné par le commissaire européen au Développement Louis Michel et l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie.

La venue de ces parrains du dialogue inter-tchadien est "une autre manière de faire pression sur l'ensemble de la société tchadienne pour qu'elle évolue dans le bon sens", dit l'Elysée.

La France a soutenu Idriss Déby face à l'attaque des rebelles qui ont tenté, les 2 et 3 février, de le renverser et sont arrivés aux portes de son palais, avant d'être repoussés.

Hors Eufor, la France dispose d'environ 1.100 soldats au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, mis en place en 1986 pour contribuer au maintien de la paix dans ce pays.

Selon le ministère français de la Défense, l'aide militaire de la France a pris quatre aspects : le contrôle de l'aéroport de N'Djamena, qui a permis à Idriss Déby de continuer à utiliser ses hélicoptères de combat; la fourniture de renseignements sur les mouvements des rebelles; le transport de munitions, notamment pour les chars T55 de fabrication soviétique de l'armée tchadienne; un soutien logistique sanitaire.

Avant de repartir pour le Cap et une visite d'Etat en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy dînera mercredi soir avec les troupes françaises sur la base "Sergent-chef Adji Kossei.

En revanche, le sort des six Français membres de l'ONG "l'Arche de Zoé", condamnés par les autorités tchadiennes à huit ans de travaux forcés pour enlèvement d'enfants, ne devrait pas être évoqué, dit-on à l'Elysée. En théorie. Rien ne permet de dire que Nicolas Sakozy ne va pas influencer, en aparté, Idriss Deby à accorder sa grâce aux six condamnés.

Ces six personnes ont été renvoyées en France pour y purger leur peine. Idriss Déby a annoncé au début du mois, après avoir bénéficié du soutien de la France face aux rebelles, qu'il était prêt à les gracier si Paris le demandait.

Cette demande a été transmise à N'Djadema par la France. Mais "ce n'est pas l'objet de la visite", dit-on à l'Elysée.


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