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LITTERATURE

Sobdibé Pébah Watam : "On peut venir d'un milieu défavorisé et réussir sur tous les plans"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 28 Novembre 2020

Sobdibé Pébah Watam a pris la plume pour apporter sa part à la littérature tchadienne. "L'on peut venir d'un milieu défavoriser et réussir sur tous les plans, pourvu qu'il y ait la passion et les objectifs. La route de la réussite nécessite une destination. Cette destination c'est le but", affirme-t-il. L'auteur a annoncé la sortie de son ouvrage : "La réussite de l'enfant d'un paysan africain".


À l'occasion de la sortie de son ouvrage, l'auteur Sobdibé Pébah Watam s'est longuement exprimé sur les défis de la jeunesse, l'entrepreneuriat, la notion de réussite et la persévérance. Il livre un véritable discours de motivation pour pousser les jeunes à se surpasser. 

Avoir un but, être passionné, passer à l'action
"Dans la vie, il faut un but. Si tu n'a pas un but, c'est comme une navigation à vue. Pour atteindre ce but, il faut du carburant. Ce carburant est la passion. C'est l'excitation, les fortes envies, les désirs, l'obsession de vouloir faire quelque chose. Quand on a ces éléments, on est bien huilé pour réussir son projet. Quand on est passionné, le travail ne représente plus un poids mais plutôt une fierté. C'est la passion qui pousse à l'action. Chaque fois que tu réalise une action, de jours en jours, c'est la que te rapproche de tes objectifs.

Chaque fois que tu pose un acte qui est en rapport avec ton objectif qui est lointain, cet acte te rapproche tous les jours de ton objectif, qu'importe la longueur du temps."

Sobdibé Pébah Watam estime qu'il faut éviter de penser négatif sur son devenir, au risque d'échouer :
"Réussir c'est avoir le courage, la détermination, la volonté de devenir ce que vous voulez être. C'est ce qui est corroboré par la loi d'attraction. Devenez ce que vous pensez être. Si vous pensez négatif sur votre devenir, il y a forte chance que vous ne réussissez pas mais si vous pensez positif sur votre devenir, il y a aussi forte chance que vous réussissiez. C'est important de considérer ça parce que nous sommes les produits de ce qui nous préoccupe au quotidien (nos pensées en mal ou en bien). Pour cela, je pense qu'il faut opérer des choix."

Le temps n'attend pas
"Les choix déterminent la trajectoire de notre devenir. Cette trajectoire a beaucoup de sens. Plus on est jeunes, plus les choix revêtent de puissance et d'énergie. Cependant, cette énergie s'atténue avec le temps, avec l'âge. Il faut profiter de la jeunesse pour réaliser le maximum de rêve que l'on a dans la vie. Il faut profiter de la jeunesse, de cette énergie potentielle, existentielle en soi pour se propulser dans l'avenir et réaliser ton rêve. Si l'on attend, le temps lui n'attend pas. Le temps est là mais c'est toi qui n'a pas de temps. Il faut profiter de ça pour réaliser."

La notion de la réussite
La réussite est relative et spécifique à chaque individu selon ses aspirations, ses objectifs, les rêves qu'il a dans la vie. La réussite n'est pas forcément avoir plus de richesses ou de biens matériels. Mais si tu arrive à avoir quelque chose que tu a dans ta tête et que tu a pensé comme objectif, je crois que c'est déjà la réussite.

Réussir n'est pas forcément lié à l'école
De nos jours, la réussite n'est plus forcément liée à l'école. Avant c'était le cas. Simplement, l'éducation coloniale ne nous a pas montré les bons chemins ou au moins les chemins multidimensionnels pour nous permettre de nous orienter autrement. L'école était perçu comme la seule voie de réussite mais je pense que de nos jours, on peut mettre ça entre guillemets. Ce n'est plus l'école qui est la meilleure voix de réussite. Je ne dis pas pour décourager les gens, c'est important de faire les études.

Si l'on ne réussit pas à l'école, ce n'est pas une fatalité. Ça veut dire simplement que la route de ta réussite ne coïncide pas avec tes rêves. Il faut donc simplement réorienter ta direction, ton centre d'intérêt. C'est important parce que si on voit ceux qui ont réalisé des choses dans la vie, ce ne sont pas forcément ceux qui ont fait de grandes études.

Citant des statistiques de la richesse mondiale parus dans une revue, il révèle que 74% des richesses mondiales sont détenues par des entrepreneurs, 12% par des investisseurs, les salariés reviennent en dernière position, "peut être avec 1% et c'est là où il y a le plus grand nombre de gens qui ont fait de grandes études".

Et d'ajouter : "si on remonte, les 74% sont pour la plupart constitués des gens qui ont à peine fini leur cycle universitaire. C'est pour dire que celui qui n'a pas réussi à l'école, il ne faut pas qu'il se considère comme s'il a raté sa vie mais qu'il se réoriente pour voir comment il peut réussir sa vie autrement".
"Ce cas n'est pas spécifique à la richesse mondiale. Même au Tchad ici, renseignez vous à la banque, les banquiers vont vous dire que ceux qui ont le plus d'argent sont des commerçants, des gens qui font le business. Si vous voyez les plus pauvres au Tchad, ce sont ceux qui ne font pas le business. C'est important, c'est pour dire que même si on ne réussi pas sur le plan scolaire, il y a une autre voie qu'il faut explorer. Deuxième chose, si tu réussi à ton diplôme, je crois qu'il ne faut pas en faire un atout au point de te laisser conduire par le fait de trouver un travail convenable à ton diplôme, adapté à ta formation de base."