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Tchad : Evolution de la situation épidémiologique du choléra dans la ville d’Am-Timan et ses environs


Alwihda Info | Par Mahamat Abdelbanat - 19 Octobre 2017 modifié le 19 Octobre 2017 - 23:21


Le Délégué Sanitaire ajoute que tous les villages contaminés disposent de l’eau potable mais au lieu d’écouter les conseils des spécialistes qui demandaient aux gens d’aller aux champs avec de l’eau potable, ces derniers consomment les eaux du fleuve.


Le marché central d'Am Timan. AI/M.A.
Le marché central d'Am Timan. AI/M.A.
Une importante rencontre regroupant les membres du Comité Permanent de Promotion de la Santé et de la Lutte contre les Épidémies au Salamat, s'est tenue ce lundi 16 août 2017 au Centre de Lecture et d'Animation Culturelle (CLAC) d’Am-Timan, chef-lieu de la région du Salamat. Elle est présidée par le gouverneur Mahamat Zene Al-Hadj Yaya. 

Lors de cette rencontre périodique qui est la deuxième en son genre après la première organisée il y a 3 semaines, une présentation a été faite sur la situation épidémiologique par le Délégué sanitaire régional, Al-Hadj Idriss Ahmed.

Depuis cinq semaines, la ville d'Am-Timan est touchée par une épidémie de choléra. Selon le Délégué sanitaire régional, le premier cas de choléra à Am-Timan a été enregistré en date du 23 septembre 2017 au quartier Hilé-Barra. La région du Salamat était touchée par cette maladie par l’extrême est, car la petite localité de Am-Djoudoul qui est proche de la region du Sila, était la première à être touchée.

Jusqu’au lundi 16 octobre, au total 256 cas dont 16 décès ont été enregistrés par les services sanitaires. 135 malades hospitalisés à Am-Timan, 12 cas à Am-Djoudoul mais la situation est calme dans ce village, Sihep compte 2 cas. Trois unités de prise en charge des malades ont été installées dans les localités de Am-Djoudoul, Sihep et la ville d’Am-Timan. Sur le nombre de 16 décès enregistrés, 5 seulement étaient des personnes hospitalisées, les 11 décès étaient survenus dans les domiciles.

Selon les explications de la représentante de MSF-Hollande, les personnes infectées arrivaient aux sites de prise en charge dans un état de déshydratation avancée à 50%. Le Délégué sanitaire précise que les familles ou les gens autour du malade attendent que l’ambulance vienne pour l’évacuer alors que l’hôpital régional d’Am-Timan ne dispose que de deux ambulances sollicitées partout en cette période de crise. Pour la seule journée du 15 octobre 2017, les deux ambulances avaient effectué 26 rations.

Face à l’insuffisance des ambulances, le gouverneur du Salamat avait proposé de réfléchir sur une réquisition des véhicules des agents de l’Etat présents à Am-Timan parce que N’Djamena ne répondra pas vite pour résoudre cette insuffisance. Am-Timan dans son centre urbain n’est pas beaucoup touchée mais les villages et quartiers riverains du fleuve Azoum sont les plus touchés. Selon les spécialistes sanitaires, les eaux du fleuve Azoum sont contaminées et les malades étaient atteints souvent dans les champs.

Le Délégué Sanitaire ajoute que tous les villages contaminés disposent de l’eau potable mais au lieu d’écouter les conseils des spécialistes qui demandaient aux gens d’aller aux champs avec de l’eau potable, ces derniers consomment les eaux du fleuve. 

La multitude d’ordures, l’élevage et la pratique des cultures dans les concessions, étaient aussi évoqués. En date du 3 octobre 2017, la Coopérative pour le Développement Socioéconomique de la Région du Salamat (CDSRS), a lancé une opération de salubrité pendant laquelle, selon le Délégué sanitaire, 160 tonnes d’ordures ont été curées du marché de la ville.



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