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Tchad : comment moderniser les marchés locaux et booster l’économie ?


Alwihda Info | Par Gloria Ronel - 28 Janvier 2026


Au Tchad, les marchés locaux font face à des défis majeurs liés à l’approvisionnement, à l'insécurité et aux infrastructures, impactant la sécurité alimentaire en raison de la mentalité et de l’application des textes régissant leur règlementation.


Tchad : comment moderniser les marchés locaux et booster l’économie ?
Du point de vue sanitaire, l'hygiène des marchés particulièrement à N'Djamena, est un problème majeur de santé publique.

Il suffit de faire un tour dans les différents marchés de la capitale pour constater l’accumulation d'ordures et de flaques d'eau puantes dans et autour des marchés, malgré les opérations de nettoyages collectifs organisés dans ces lieux chaque weekend.

Dans ces marchés, les denrées alimentaires sont vendues à même le sol dans des conditions insalubres à côté des déchets, des eaux usées et parfois sur des boues. A cela s’ajoutent la gestion anarchique, le manque criard d'infrastructures, et la difficulté à faire respecter les normes d’hygiène, malgré les campagnes de sensibilisation menées autour de la question.

Face à cette situation, il est impératif de renforcer la formation des vendeurs aux normes d'hygiène et d’améliorer la gestion des déchets, de faire des sensibilisations accrues du public et des commerçants sur l'importance de la propreté. L’objectif serait de moderniser les marchés locaux.

Comment moderniser les marchés locaux
Pour moderniser les marchés locaux et relancer l'économie tchadienne, il faut investir dans des infrastructures tels que les marchés couverts, les routes ; intégrer la technologie à travers des paiements numériques et renforcer la gouvernance et la formation. Il faut également moderniser les lieux de vente, c’est-à-dire construire des marchés communautaires bien équipés avec éclairage solaire et sécurisés pour améliorer l'attractivité et la sécurité des échanges.

Au-delà de ces initiatives, les autorités municipales peuvent développer le réseau routier pour réduire les coûts de transport et faciliter l'accès aux marchés ; intégrer les plateformes de vente en ligne pour les produits locaux ; valoriser l'artisanat en renforçant les compétences et l'accès aux marchés pour les cuirs, peaux, et autres produits artisanaux.

Il est aussi important de mettre en place des programmes de formation professionnelle et des incitations fiscales pour l'emploi des jeunes dans les métiers artisanaux et techniques ; renforcer la décentralisation et la gestion locale pour soutenir le développement économique territorial ; organiser des foires et événements commerciaux pour dynamiser l'activité locale ; utiliser les exonérations fiscales ciblées pour encourager la production nationale et réduire les importations , et enfin intégrer des clauses d'insertion locale dans les marchés publics pour soutenir les entreprises et artisans tchadiens.

Il faut rappeler qu’en 2020, l’ancienne ministre du Commerce, de l'Industrie, et de la Promotion du secteur privé, Achta Djibrine Sy a mis en place des nouveaux dispositifs et règles d'hygiène aux marchés de poisson de Dembé et de Chagoua pour renforcer la lutte contre la Covid-19. Des bacs de récupération ont été installés au-dessous des étals de vente de produits alimentaires notamment ceux de poissons, tandis qu'un tiroir permettait d'y drainer les détritus. L’objectif était de faciliter la tâche des collecteurs de déchets.

Dans le même cadre de cette initiative, des tablettes ont été remises aux vendeuses de poisson pour laisser couler les eaux usées et éviter les excréments joncher le sol et dégager des odeurs nauséabondes. Les vendeuses portaient des gants et des blouses pour assurer l’hygiène des marchés et inspirer de la confiance. Ne peut-on pas réinstaurer ces mesures pour assurer l’hygiène dans les marchés locaux et les rendre modernes ? C’est une question de santé publique.

Au Burkina Faso par exemple, les autorités ont modernisé les marchés locaux en misant sur la transformation locale, la promotion du « Consommons local », et l'amélioration de la qualité des produits. 425 milliards FCFA ont été investis entre 2017-2020 dans la construction des centres d'appui à la transformation, comme celui du coton à Bobo-Dioulasso, et l’utilisation de chaînes de transformation semi-modernes pour le riz.

Cette modernisation a été orientée vers la promotion de la transformation locale des fruits, fonio et mangues pour améliorer l'hygiène et le conditionnement. Le but est d’inciter la population à consommer des produits locaux à travers des foires, la transformation en sachets prêts à l'emploi et des politiques gouvernementales.

Les autorités ont également fait la structuration des acteurs en coopératives pour assurer une meilleure qualité, le conditionnement et la conformité aux standards du marché et ont mis en place de data centers locaux pour l'hébergement d'applications de gestion commerciale. Ces actions visent à augmenter la valeur ajoutée locale, réduire les importations et améliorer la compétitivité des produits "made in Burkina. Ne peut-on pas emboiter le pas du Burkina Faso pour moderniser les marchés locaux au Tchad ?



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)