Dans plusieurs villes et villages du pays, une scène devenue presque banale choque pourtant par sa portée symbolique : des enfants assistent à la remise de dot de leur propre mère.
Loin d’être une injure ou une atteinte à la dignité des familles, cette réalité traduit un malaise social profond. Elle concerne particulièrement la génération née de l’an 2000 à nos jours, prise au piège entre traditions, précarité économique et bouleversements des normes sociales.
Quand la précarité bouleverse l’ordre traditionnel, la dot précède le mariage et fonde la légitimité de l’union aux yeux de la famille, de la communauté et des coutumes. Aujourd’hui, cette chronologie est souvent inversée. Il faut avoir le courage de le dire : ce phénomène est le fruit direct de la précarité économique. Quand un jeune homme n’a ni emploi stable, ni perspective d’avenir, la dot devient un luxe inaccessible. Alors on s’installe, on fait des enfants, et l’on promet de « régulariser plus tard ».
Ce « plus tard » arrive parfois quand l’enfant sait déjà marcher, parler et comprendre. Peut-on continuer à feindre la surprise quand l’État abandonne sa jeunesse à elle-même ? Le plus grave reste le sort des enfants. Être témoin de la dot de sa mère n’est pas une anecdote folklorique, c’est le signe d’un déséquilibre profond. Ces enfants grandissent avec des repères brouillés, héritant d’une société incapable de protéger ses propres fondations familiales. Et personne ne semble vouloir mesurer l’impact psychologique et social de cette réalité.
Responsabilités partagées, lâcheté généralisée
Les familles ferment les yeux, les autorités regardent ailleurs, les leaders religieux prêchent sans proposer d’alternatives concrètes. Pendant ce temps, la génération actuelle s’enfonce dans un cycle où la débrouille remplace la règle, et l’urgence écrase la tradition. Il est hypocrite de condamner ces jeunes sans interroger les politiques économiques qui les ont conduits là.
Briser le tabou pour sauver l’essentiel
Cet article n’est ni une attaque contre la culture, ni un procès contre les familles. C’est un appel à la lucidité. Tant que l’emploi, l’accompagnement des jeunes couples et la lutte contre la pauvreté resteront des slogans creux, les enfants continueront d’assister à des scènes qui devraient appartenir à un autre âge. Une société qui normalise l’anormal prépare silencieusement sa propre fracture. Il est hypocrite de condamner ces jeunes sans interroger les politiques économiques qui les ont conduits là.
Loin d’être une injure ou une atteinte à la dignité des familles, cette réalité traduit un malaise social profond. Elle concerne particulièrement la génération née de l’an 2000 à nos jours, prise au piège entre traditions, précarité économique et bouleversements des normes sociales.
Quand la précarité bouleverse l’ordre traditionnel, la dot précède le mariage et fonde la légitimité de l’union aux yeux de la famille, de la communauté et des coutumes. Aujourd’hui, cette chronologie est souvent inversée. Il faut avoir le courage de le dire : ce phénomène est le fruit direct de la précarité économique. Quand un jeune homme n’a ni emploi stable, ni perspective d’avenir, la dot devient un luxe inaccessible. Alors on s’installe, on fait des enfants, et l’on promet de « régulariser plus tard ».
Ce « plus tard » arrive parfois quand l’enfant sait déjà marcher, parler et comprendre. Peut-on continuer à feindre la surprise quand l’État abandonne sa jeunesse à elle-même ? Le plus grave reste le sort des enfants. Être témoin de la dot de sa mère n’est pas une anecdote folklorique, c’est le signe d’un déséquilibre profond. Ces enfants grandissent avec des repères brouillés, héritant d’une société incapable de protéger ses propres fondations familiales. Et personne ne semble vouloir mesurer l’impact psychologique et social de cette réalité.
Responsabilités partagées, lâcheté généralisée
Les familles ferment les yeux, les autorités regardent ailleurs, les leaders religieux prêchent sans proposer d’alternatives concrètes. Pendant ce temps, la génération actuelle s’enfonce dans un cycle où la débrouille remplace la règle, et l’urgence écrase la tradition. Il est hypocrite de condamner ces jeunes sans interroger les politiques économiques qui les ont conduits là.
Briser le tabou pour sauver l’essentiel
Cet article n’est ni une attaque contre la culture, ni un procès contre les familles. C’est un appel à la lucidité. Tant que l’emploi, l’accompagnement des jeunes couples et la lutte contre la pauvreté resteront des slogans creux, les enfants continueront d’assister à des scènes qui devraient appartenir à un autre âge. Une société qui normalise l’anormal prépare silencieusement sa propre fracture. Il est hypocrite de condamner ces jeunes sans interroger les politiques économiques qui les ont conduits là.
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Tchad : quand la misère inverse les traditions, les enfants assistent à la dot de leur propre mère








