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Tchad : la justice ordonne à la population de Digangali et Gardolé-djédid de libérer près de 196 hectares


Alwihda Info | Par Ndafogo Salmanou Ludovic - 28 Janvier 2026


Un grave conflit foncier secoue le quartier de Digangali, plus précisément dans la zone de Gardolé-djédid, où des accusations d’expropriation abusive de terres font planer le risque d’une crise sociale majeure.


Au cœur de cette affaire, une décision judiciaire censée porter sur deux hectares de terrain, mais qui servirait aujourd’hui à revendiquer 196 hectares, au détriment de nombreux habitants déjà déplacés pour des projets d’utilité publique.

Des populations déplacées au nom de l’intérêt général
Selon les informations recueillies, plusieurs quartiers de la capitale, notamment Gardolé, Walia, Sabangali, ont été concernés par des opérations d’expropriation dans le cadre de projets d’intérêt public. Des infrastructures telles que des hôpitaux, des établissements hôteliers et d’autres équipements collectifs ont justifié ces déplacements, souvent douloureux pour les populations locales.

Si le principe de l’expropriation pour cause d’utilité publique est reconnu par la loi, la situation actuelle à Digangali soulève de sérieuses interrogations sur la gestion et la redistribution des terres concernées. Des résidents estiment aujourd’hui être victimes d’une injustice manifeste, dénonçant une extension abusive des droits fonciers accordés par la justice.

Une décision judiciaire au centre de la controverse
Le litige repose principalement sur l’Ordre civil n°42, une décision de justice qui reconnaît la propriété de 2 hectares, soit 20 000 mètres carrés, à une partie bien identifiée. Toutefois, cette décision serait exploitée de manière détournée pour revendiquer près de 196 hectares, une superficie sans commune mesure avec ce que prévoit le jugement.

Des accusations de mauvaise interprétation, voire de complicité de certains agents administratifs, sont évoquées par les plaignants. Pour eux, cette situation traduit une dérive grave dans la gestion du foncier urbain, susceptible de fragiliser davantage la cohésion sociale dans une zone déjà marquée par les déplacements forcés.

Un appel pressant aux plus hautes autorités
Face à l’ampleur du problème, un appel solennel est lancé au président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, ainsi qu’au ministre de la Justice et au ministre de l’Aménagement du territoire. Les requérants demandent une implication directe de l’État afin de mettre fin à ce contentieux foncier.

Ils proposent la mise en place urgente d’une commission mixte, associant les autorités judiciaires, administratives et locales, chargée de procéder à une délimitation claire et définitive des 20 000 m² légalement reconnus par la décision judiciaire. Une telle démarche permettrait, selon eux, de restaurer la légalité et d’éviter toute interprétation abusive.

Le spectre d’un conflit social
Au-delà de la bataille juridique, les acteurs de cette affaire mettent en garde contre les risques de tensions et de violences si aucune solution rapide et équitable n’est trouvée. Dans un contexte où la pression foncière est forte, et où les populations déplacées vivent déjà dans la précarité, le conflit de Digangali pourrait devenir un foyer d’instabilité.

Les habitants appellent ainsi les autorités à faire preuve de responsabilité, de justice et de transparence, afin de préserver la paix sociale et de garantir le respect des droits fonciers conformément à la loi.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)