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ANALYSE

Tchad : folie de la foule au campus, comment restaurer la confiance ?


Alwihda Info | Par Martin Higdé Ndouba - 21 Mai 2021

En attendant que le gouvernement prenne des mesures concrètes et urgentes, il faut dire que l’agression dont a été victime la ministre de l'Enseignement supérieur, son secrétaire d'État et la délégation qui les accompagnait à l'université de Toukra le 20 mai dernier, a été condamnée avec la dernière énergie par tous les acteurs sociaux.


Au moment où le peuple tchadien passe une période délicate de son histoire, à la suite de la mort tragique Maréchal Idriss Deby Itno, l’on assiste à une récupération politique orchestrée par des personnes tapies dans l’ombre pour mettre le Tchad dans le chaos et la désolation. Sinon comment interpréter les actes de vandalisme perpétrés le 20 mai dernier, dans un campus universitaire, contre un membre du gouvernement ? Pourtant, en visite à l'université de Toukra, pour vérifier notamment l'état des bus et des restaurants universitaires, la ministre de l'Enseignement supérieur, Mme Lydie Beassemda a été violemment prise à partie par les étudiants qui réclament le rétablissement de leur bourse d'études.

Hier c'était l’ancien ministre Mackaye Hassan Taisso, aujourd'hui donc, c’est Mme Lydie Beassemda, nouveau ministre de l’Enseignement supérieur qui vient de subir la furie dévastatrice des étudiants. On ne dira jamais assez : un lieu d’acquisition du savoir ne s’accommode pas de brutalité. C'est une honte considérable, voire inoubliable que de tels actes se produisent en milieu universitaire.
Et le gouvernement n’est pas allé du dos de la cuillère, à travers le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah, pour condamner avec la dernière énergie « une agression suivie d'une séquestration par une bande de jeunes excités ce jeudi 20 mai au cours de la matinée », dont a été victime la ministre de l'Enseignement supérieur, son secrétaire d'État et la délégation qui les accompagnait à l'université de Toukra. Car rien ne peut justifier un tel agissement, surtout venant de la part des futurs cadres du pays. Comme le dit un adage populaire, il n’y a pas de fumée sans feu, Mme Beassemda a-t-elle récolté ce que ses prédécesseurs ont semé ? On ne le sait jamais assez…

Prendre des mesures concrètes et urgentes
Aujourd’hui, les cours sont suspendus sur le campus universitaire de Toukra, jusqu’à nouvel ordre, en raison des troubles survenus le 20 mai 2021. Une décision prise par le président de l’Université de N’Djamena, Mahamat Saleh Daoussa Haggar qui porte un grave coup aux activités académiques et à l’ensemble de la communauté universitaire.

Même si certains observateurs constatent, pour le regretter, qu’il persiste un manque de dialogue entre le ministère de l'Enseignement supérieur et les étudiants depuis 2016, avec la suppression de la bourse et l'augmentation des inscriptions, l’on ne saurait cautionner une telle agression exercée sur un membre du gouvernement dans un milieu universitaire. Cela est purement et simplement condamnable !

Quoique l'on dise, il est maintenant temps pour l'UNET de prendre des mesures urgentes, pour limiter l’action des étudiants semeurs de trouble au sein du campus. Cela étant, il convient de rappeler, in fine, au ministère de l'Enseignement supérieur, qu’il n’y a pas de communion sans communication. Dans l’urgence, le gouvernement doit poser des actes concrets en faveur du milieu estudiantin. Il s’agit de permettre aux jeunes, qui se sentent abandonnés, de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.



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