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Tchad: la journaliste Sonia Rolley expulsée


Alwihda Info | Par - Җ€BIЯ - - 23 Mars 2008

Reporters sans frontières a appris avec consternation la décision des autorités tchadiennes de retirer son accréditation à la journaliste française Sonia Rolley, correspondante à N'Djamena de Radio France Internationale (RFI) et de l'Agence France-Presse (AFP), la contraignant à quitter le pays.


Tchad: la journaliste Sonia Rolley expulsée
Reporters sans frontières "consternée" par le retrait de l'autorisation de travail de la correspondante de RFI

Reporters sans frontières a appris avec consternation la décision des autorités tchadiennes de retirer son accréditation à la journaliste française Sonia Rolley, correspondante à N'Djamena de Radio France Internationale (RFI) et de l'Agence France-Presse (AFP), la contraignant à quitter le pays.

"Cette mesure punitive nous oblige à rappeler au président Idriss Déby Itno un principe évident : il appartient à RFI, et non aux autorités de N'Djamena, de décider qui couvre l'actualité tchadienne. De plus, maintenant que la seule correspondante étrangère permanente a quitté le Tchad, le black-out se renforce. Le pays se retrouve désormais avec, d'un côté, une presse gouvernementale docile et, de l'autre, une presse indépendante dépouillée d'une partie de ses journalistes contraints à l'exil ou la clandestinité et ne pouvant paraître que sous la menace d'une loi archaïque et liberticide", a déclaré l'organisation.

Le 18 mars 2008, le gouvernement tchadien a notifié au siège de RFI à Paris que l'accréditation de Sonia Rolley lui avait été "définitivement" retirée. Le mois dernier, la journaliste avait vu son permis de travail "suspendu" par les autorités tchadiennes, qui avaient alors invoqué l'état d'urgence instauré dans le pays après une attaque rebelle contre N'Djamena, le 2 février.

Lors de sa brève visite à N'Djamena le 27 février, le président français Nicolas Sarkozy avait affirmé à la presse avoir évoqué le cas de Sonia Rolley avec les autorités tchadiennes. "J'ai très clairement fait savoir aux autorités tchadiennes que ce serait un signal extrêmement désastreux, l'expulsion d'un journaliste (...). Donc, j'ai demandé que ce ne soit pas le cas", avait-il assuré.


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Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org
Reporters sans frontières
Communiqué de presse

18 mars 2008

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Le directeur d'un journal détenu au secret par les services de renseignements depuis onze jours

Reporters sans frontières dénonce la détention au secret, depuis le 7 mars 2008, sans motif connu, dans un bâtiment de l'Agence nationale de renseignement (ANR) à Kinshasa, de Nsimba Embete Ponte, directeur du bihebdomadaire privé à tirage limité L'Interprète.

"Il n'y a pas de justification au comportement des forces de sécurité. Quels que soient les motifs de l'arrestation de ce journaliste, sa famille a le droit de les connaître et de lui rendre visite. De son côté, le prisonnier doit pouvoir se défendre, faute de quoi les services de renseignements congolais se rendraient coupables d'une grave violation du droit et devraient faire l'objet des sanctions prévues par la loi", a déclaré l'organisation.

Nsimba Embete Ponte a été arrêté par des inconnus armés le 7 mars à 7 heures 30 du matin, à l'arrêt de bus dit "Pascal", dans la commune de Masina (est de Kinshasa), ont rapporté des témoins oculaires à l'organisation partenaire de Reporters sans frontières en République démocratique du Congo, Journaliste en danger (JED).

Sans nouvelles de lui pendant plusieurs jours, sa femme et ses deux frères ont fini par le retrouver dans un bâtiment de l'ANR sur le bord du fleuve Congo, non loin de la Primature. Les policiers en faction leur ont interdit l'accès au journaliste, les menaçant de les placer en état d'arrestation s'ils insistaient. Aucun motif officiel n'a été fourni pour son arrestation et son maintien en détention. Nsimba Embete Ponte n'a eu accès ni à un avocat ni à un médecin, en violation de l'article 19 de la Constitution qui garantit les droits des détenus.

Selon JED, avant son arrestation, le journaliste se disait menacé à la suite de la publication, le 29 février, d'une série d'articles sur l'état de santé du président Joseph Kabila.