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Tchad : un enseignant escroque 30 personnes, la justice le condamne à deux ans de prison ferme


Alwihda Info | Par Ahmad Youssouf Ali - 6 Janvier 2026



Tchad :  un enseignant escroque 30 personnes, la justice le condamne à deux ans de prison ferme
Un prévenu incarcéré à la maison d'arrêt de Klessoum a été présenté ce mardi 06 janvier devant le tribunal de grande instance de N’Djamena. Il est accusé d’avoir escroqué une victime en se faisant passer pour un agent du comité du Hadj (pèlerinage).

L’affaire remonte à une proposition frauduleuse : l’accusé aurait promis à la victime de lui obtenir 30 places pour le pèlerinage à La Mecque, au prix de deux millions de FCFA chacune. Croyant à cette offre, la victime a immédiatement rassemblé 30 passeports appartenant à des membres de sa famille, et a remis la somme totale de 60 millions de FCFA.

À l’audience, le procureur a dénoncé les agissements du prévenu. Il a précisé que cet homme, enseignant de profession, n’appartenait ni au comité de pèlerinage, ni à une agence de voyage agréée. « En réalité, c’est un grand escroc. Qu’un enseignant se comporte de la sorte, quel exemple cela donne-t-il ? », s’est interrogé le magistrat.

Le ministère public a requis et obtenu une peine de deux ans de prison ferme, assortie d’une amende de 100 000 FCFA. La défense de la victime, quant à elle, a plaidé pour une sanction davantage tournée vers la réparation du préjudice. L’avocat a demandé à la cour de condamner l’escroc à une amende de 10 millions de FCFA et au remboursement du solde de 20 millions 500 000 francs.

De son côté, le prévenu a présenté une version radicalement différente des faits. Il a affirmé qu’il s’agissait d’un « business » monté en commun avec la victime, et qu’il avait lui-même été dupé par un tiers. « Nous étions convenus qu’après l’obtention des 30 passeports, nous partagerions les bénéfices.

Malheureusement, les choses ont tourné autrement », a-t-il déclaré. Son avocat a contesté l’argument de la partie civile selon lequel son client se serait « volatilisé » après avoir reçu l’argent. « Comment une personne supposée avoir fui aurait-elle déjà remboursé 39 millions 500 000 francs ? », a-t-il rétorqué.

Reconnaissant les faits reprochés, l’avocat de la défense a plaidé pour une peine permettant à son client de travailler et d’honorer sa dette envers la victime. Il a estimé qu’une incarcération de deux ans ferme empêcherait toute possibilité de remboursement. Malgré cette plaidoirie, le tribunal a confirmé la peine de prison ferme.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)