Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
TCHAD

Tchad : une conférence-débat pour valoriser les traditions et interpeller l’État


Alwihda Info | Par Ahmad Youssouf Ali - 8 Janvier 2026



L’Association des sociologues tchadiens et le CEFOD Business School (CBS) ont organisé, le mercredi 7 janvier 2026, une conférence-débat sur le thème :« Le cousinage à plaisanterie comme vecteur de paix et de cohésion sociale au Tchad ».

Cette rencontre fait suite aux travaux de la conférence internationale tenue à Dakar sur le sujet. Le conférencier, expert en sociologie et chercheur en histoire, Mbété Félix, a restitué les conclusions de cette conférence, assisté du Pr Ibrahim Kimto, économiste et anthropologue, et du Pr Ahmat Hassan, juriste et ancien ministre de la Justice.

L’événement a accueilli la présence du sultan du Baguirmi, le Mbang Hadji Woly Mahamat, ainsi que d’autres chefs traditionnels. Dans son intervention, le sultan a souligné que le Tchad a besoin de l’expertise des sociologues pour renforcer la cohabitation pacifique, bâtir la confiance entre les citoyens et lutter contre toutes les formes de division.

Il a ajouté que « la paix, la cohésion sociale et l’unité ne sont pas des acquis figés. Ce sont des idéaux à construire chaque jour, ensemble. Pour cela, les sciences sociales, la culture du dialogue et le respect de l’autre sont des piliers fondamentaux ».

Pour la plupart des intervenants, le cousinage à plaisanterie – ou les pactes sociaux entre communautés – exige que chacun comprenne qu’aucun groupe n’est supérieur ou inférieur à un autre. Cette condition est présentée comme une condition sine qua non pour que le Tchad soit respecté.

Le Pr Ahmat Hassan, dans son intervention, a plaidé pour l’adoption d’un code civil propre au Tchad. Il a expliqué qu’en matière de succession, par exemple, les magistrats s’appuient sur des assesseurs ou des chefs coutumiers.

Pour lui, le Tchad est l’un des seuls pays africains à ne pas posséder de code civil ; les magistrats appliquent toujours le code civil français dans sa version de 1958, ce qui crée un vide juridique considérable. Mbété Félix a quant à lui rappelé que l’objectif de la rencontre de Dakar était d’étudier comment s’appuyer sur les chefferies traditionnelles comme vecteurs de paix. A

u cours de son exposé, le sociologue a insisté sur la valorisation des cultures, citant Cheikh Anta Diop : « Un homme sans culture est un zèbre sans rayures », ajoutant que si un zèbre n’a pas de rayures, c’est un âne. Pour lui, « un homme sans culture est un être non encore né ».

Il a également partagé ce qu’il a appris lors de la conférence : en Afrique de l’Ouest, le cousinage à plaisanterie remonte au IIIᵉ siècle, sous l’empire du Ghana, où il se pratiquait déjà à la cour du roi.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)