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AFRIQUE

Cameroun/Djoum: Deux trafiquants fauniques aux arrêts


Alwihda Info | Par - 17 Décembre 2017 modifié le 17 Décembre 2017 - 16:53

Ils ont été inculpés à la suite de la saisie de 216 pointes d’ivoire et de 81 queues d’éléphant dans le véhicule d’un colonel de gendarmerie.


L’ivoire saisie dans le véhicule du colonel.
L’ivoire saisie dans le véhicule du colonel.
Arrêtés le 11 décembre 2017, les deux trafiquants ont été inculpés pour détention et commercialisation illégales des produits d'espèces fauniques protégées. Ils vont comparaître devant le tribunal de Première instance de Djoum ce 19 décembre 2017. Le colonel de gendarmerie dont le véhicule contenait l'ivoire a été conduit à Yaoundé avec ces pointes d’ivoire remises par la suite au ministère des Forêts et de Faune. À la suite de l'arrestation du présumé trafiquant d'ivoire et du chauffeur, les responsables de l’administration de la faune ont immédiatement veillé à ce que les procédures judiciaires engagées contre ces suspects soient menées conformément à la loi faunique camerounaise. Les deux hommes ont été auditionnés à la brigade de gendarmerie de Djoum (région du Sud), et un procès-verbal a été établi conformément à la loi par les agents de la faune. L'affaire a été transmise au procureur de la République de la ville.
L'ensemble de cette procédure judiciaire a été menée avec l’assistance technique de Laga, une Ong de mise en application de la loi faunique. Certains experts dans la conservation affirment que la présence d'un véhicule militaire dans un autre cas de trafic des produits d'espèces fauniques est inquiétante. Cela pourrait finalement justifier les accusations portées par certains rapports d'enquête sur le rôle trouble joué par certains militaires indisciplinés dans le trafic d'espèces fauniques protégées au Cameroun et dans la sous-région. Cela peut indiquer des soupçons sur des personnes impliquées et poursuivies.
Loi faunique de 1994
En 2014, 185 pointes d’ivoire ont été saisies dans un autre véhicule militaire dans un poste de contrôle à Nsimalen près de Yaoundé. Fondateur et directeur du réseau Eagle, un réseau qui regroupe des organisations d'application de la loi sur la faune dans plusieurs pays africains, Ofir Drori a déclaré depuis sa résidence de Nairobi après l'annonce de l’arrestation de ces hommes que « les agents du ministère des forêts et de la faune ont fait un travail très louable, compte tenu de l'implication de l’armée ». Il a insisté sur le fait que les procédures judiciaires engagées contre toutes les personnes impliquées soient strictement suivies.
Selon la loi faunique camerounaise de 1994, toute personne trouvée en possession de tout ou partie d'une espèce sauvage protégée est considérée comme ayant tué ou capturé cet animal. Le contrevenant est passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à 3 ans et d'une amende allant jusqu'à 10 millions de francs. En outre, la loi dispose que la peine est doublée lorsque l'infraction est commise par un agent de la force publique. Cela peut être assez dissuasif, en particulier pour les personnes impliquées dans le trafic dans la localité de Djoum considérée comme l’épicentre du trafic d'ivoire dans le pays.
La situation est encore plus compliquée si l'on considère le taux croissant d’abattage des éléphants pour leur ivoire et le fait que certains parcs animaliers du Cameroun sont gardés par l'armée. Le ministère des Forêts et de la Faune peut désormais se faire une idée de la situation pour mieux s'attaquer au fléau.