Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
AFRIQUE

Cameroun : un trafiquant de produits fauniques condamné à plus d'un an de prison ferme à Bertoua


Alwihda Info | Par - 20 Mars 2022

La décision du tribunal est intervenue quelques jours seulement après la célébration de la Journée mondiale de la vie sauvage, alors que le pangolin est une espèce en danger, selon la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la nature (UICN).


Un trafiquant de la faune a été condamné à plus d'un an de prison par le Tribunal de Première Instance de Bertoua pour commerce illégal d'écailles de pangolin. En effet, le 8 mars dernier, le tribunal l’a reconnu coupable de détention illégale de trophées d'espèces fauniques protégées, notamment des carcasses et des écailles de pangolins.

Le juge l’a condamné à un an et sept mois de prison, une sanction assez dissuasive, qui vise à décourager les trafiquants potentiels qui envisageraient de se lancer dans ce commerce illégal et à prévenir les anciens trafiquants qu'ils risquent d'être confrontés à la loi s'ils sont arrêtés. Il avait été arrêté le mois dernier à son domicile de Bonis, à environ 9 km de Bertoua, au cours d'une opération coup de poing menée par les agents de la délégation départementale des Forêts et de la Faune du Lom et Djerem, avec l’assistance technique de The Last Great Ape Organization, une organisation chargée de faire respecter la loi sur la faune, également connue sous le nom de LAGA.

246 kg d'écailles de pangolins ont été retrouvés cachés dans un bâtiment en construction appartenant au contrevenant. 3 carcasses de pangolins, ainsi que des carcasses de singes ont été découvertes dans un réfrigérateur à son domicile. Les 246 kg d'écailles de pangolins représentent le massacre de plus d'un millier de pangolins.

La décision du tribunal est intervenue quelques jours seulement après la célébration de la Journée mondiale de la vie sauvage, au cours de laquelle de nombreux défenseurs des animaux, dont World Animal Protection, une Organisation Internationale à but non lucratif de défense des animaux, ont demandé que des mesures strictes soient prises pour mettre en œuvre des politiques de protection de la vie sauvage. La décision va dans le sens de cet appel.

La base de données de la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages Menacées d'Extinction (CITES) montre qu'environ 1,6 milliard d'animaux sauvages sont tués par l'homme chaque jour et que des tonnes d'animaux comme les pangolins font l'objet de trafic chaque année. Le rythme d’extermination de ces espèces exige des sanctions sévères pour dissuader le trafic. Le pangolin est une espèce en danger selon la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la nature (UICN).

Au Cameroun, l'espèce fait partie de la classe A et la loi de 1994 sur la faune sauvage prévoit que toute personne trouvée, en tous temps et en tous lieux, en possession de tout ou partie d'une espèce protégée est considérée comme l’ayant tuée.