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ANALYSE

Centrafrique : Le glas de l’irrésistibilité de la junte au pouvoir [Décryptage]


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 3 Mai 2013 modifié le 3 Mai 2013 - 13:01


Djotodia. Crédits photos : Sources
Djotodia. Crédits photos : Sources
Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE

Plus d’un mois après la prise du pouvoir par les enturbannés, la Centrafrique vit toujours dans la psychose d’un état en guerre. Alors que la junte au pouvoir tente de rassurer la population à travers les medias, les rebelles continuent de piller, de rançonner, de rudoyer les militaires et les policiers loyaux. Un contraste saisissant qui crée un véritable psychodrame dans la Centrafrique profonde. Bien évidemment, il existe dorénavant deux sons de cloches au sein de la junte au pouvoir. Pendant que l’aile armée, chapeautée par le chef de la junte, multiplie les équations pour trouver un palliatif à l’insécurité, l’aile politique, idéalisée par le premier ministre, s’engage dans une villégiature sans issue dans l’unique but de mobiliser les fonds pour la Centrafrique. Pratiquement tout le monde sait que le Chef de la junte au pouvoir a été récusé par la communauté internationale. Cette situation de fait permet immédiatement aux institutions financières internationales de fermer leurs robinets envers la Centrafrique.

Bien que ce principe demeure pendant, le Chef du gouvernement préfère s’orienter vers un amateurisme politique…En réalité, lors du passage du premier ministre en France, il n’avait pas été reçu ni par l’Élysée ni par le Quai d’Orsay. Une chose est évidente, le premier ministre venait s’expliquer durant quatre (4) heures de temps devant les partenaires européens en Belgique sur la situation centrafricaine. Seulement, il s’est entouré d’une forte délégation de plus de huit(8) personnes alors que le pays traverse un marasme économique sans précédent. Décidément, l’austérité n’existe pas pour le premier ministre centrafricain qui continue d’ailleurs son escapade en Afrique du Sud. L’idée sous-jacente de sa mission au pays de MADIMBA était de stimuler le Président Sud africain dans l’unique intention de cautionner la junte au pouvoir en Centrafrique car dans un avenir proche deux colloques des Chefs d’états africains risquent de clouer le pays au pilori.

Primo, il y’aura la réunion des Chefs d’états de la sous région et des donateurs internationaux le 3 Mai 2013 à Brazzaville sur la situation centrafricaine. Au sortir de cette réunion sous régionale des Chefs d’états et des donateurs, si la junte au pouvoir en Centrafrique ne tire pas son épingle du jeu, les chances s’amenuisent davantage de son côté pour la suite des événements. Secundo, tous les dirigeants du continent africain se réuniront d’ici le 19 Mai 2013 à Addis Abeba pour commémorer la fête de l’Union Africaine. Ce qui est sûr, la Centrafrique sera au menu des discussions. A partir du moment où le Chef de la junte en Centrafrique n’est pas reconnu officiellement par la communauté internationale, il ne peut y participer et cela constitue un véritable puzzle pour la survie des enturbannées au pouvoir. A priori, le premier ministre espère obtenir le soutien du Président Sud africain via la présidente de l’union africaine qui n’est rien d’autre qu’une Sud africaine.

En vérité, si l’Afrique du Sud accepte de plaider pour la cause centrafricaine, les données changeront pour la réunion sous régionale des Chefs d’états et des donateurs du 3 Mai 2013. Ainsi il est fort probable qu’une haute personnalité de la Centrafrique soit conviée à la fête commémorative d’Addis Abeba. Là où le bât blesse, le premier ministre centrafricain n’a pas du tout compris que la notion de la continuité de l’état ne constitue pas un vain mot chez les Africains du Sud. Il fait montre d’un amateurisme politique lorsqu’il prétendait que la relation qui existait entre l’ancien locataire du palais centrafricain à l’Afrique du Sud était plutôt personnelle. D’une manière évidente, l’ancien locataire du palais de la renaissance n’avait pas traité avec un consortium sud africain mais plutôt avec le Chef d’état Jacob Zuma. On n’a pas besoin d’un spécialiste en relation internationale pour admettre que ces deux personnalités incarnaient respectivement les institutions centrafricaines et sud africaines. Il est grand temps que le premier ministre revoie sa technique d’approche de la diplomatie internationale sinon il risque de repartir toujours bredouille à l’issue de ses différentes missions.

Par-dessus le marché, le Chef de la junte au pouvoir en Centrafrique est toujours en cavale avec son stylo qui incarne sa présidence. Réduit à une simple expression au niveau international, traqué comme un petit bandit par sa propre cohorte, il finit par se terrer depuis quelques jours au Camp de Roux. Ses récentes nominations ubuesques continuent d’alimenter d’une manière abracadabrante la chronique de tous les medias centrafricains. L’exemple le plus tangible est la nomination au directoire de la haute autorité d’aviation civile d’un quidam controversé qui insinuait prendre les armes en vue d’avoir le cœur net sur la disparition de son père adoptif. S’empêcher d’analyser cette nomination serait une pusillanimité et un prurit d’analyse dialectique pourrait aiguiser notre regard inquisiteur. On se rappelle encore du discours satirique et déclamatoire de ce dernier sur tous les plateaux des médias internationaux avec sa rodomontade expression, je cite : « Je suis rentré en rébellion pour réclamer une explication sur la mort de mon père ».

A l’évidence, on s’interroge dans un premier temps si la rébellion est devenue un moyen coercitif en lieu et place d’une juridiction compétente. Dans un second temps, on se demande si le forcené avait obtenu gain de cause avant sa nomination. Dans un dernier temps, on se questionne si son combat se résume seulement à sa nomination comme directeur de l’autorité d’aviation civile. Ce faisant, il faut admettre que les réponses qui adviendront de ces différents questionnements, risquent de susciter d’autres débats qui remonteront dans le temps sur la méthode agressive de son père adoptif à s’imposer sur l’échiquier politique national. La question qui peut entretenir une partie de polémique sur la nomination de ce quidam est la suivante : Dispose-t-il une nationalité centrafricaine pour être nommé directeur général d’une société étatique ? Une réponse négative serait une chienlit organisée par la junte au pouvoir. En revanche, une réponse positive susciterait une démonstration convaincante de la part du forcené.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
mayterodrigue@yahoo.fr



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