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ANALYSE

Centrafrique. Il écrit une lettre ouverte à la Séléka


Alwihda Info | Par Jean Gualbert TOGBA - 12 Avril 2013


Jean Gualbert TOGBA.
Jean Gualbert TOGBA.
Sous les auspices des chefs d’Etat de la CEEAC le 11 janvier 2013, votre mouvement Séléka était l’une des parties signataires des accords de Libreville avec M. Bozizé lesquels accords étaient censés stopper l’envenimement de la crise armée pour épargner à la population civile les conséquences éventuelles d’un débordement du conflit.

Les résolutions assorties de ces accords étaient une expression de volonté de chaque partie, à respecter l’engagement pris de part et d’autre. Ces accords de Libreville bien que tordus, allaient dans le sens de la paix et devait être un gage de sécurité Nationale pour tout le peuple centrafricain.

Cependant, ces accords que je qualifierais des accords cadres stricto sensu (réduit au strict nécessaire) furent une première étape indispensable pour stopper d’abord la violence. La classe politique centrafricaine a fait preuve de négligence dans ce dossier pour ne pas convoquer aussitôt une concertation nationale afin de les peaufiner de façon à les adapter à la réalité pour un consensus national et pour son applicabilité.

La mauvaise volonté des deux parties (Séléka et ex majorité présidentielle de M. Bozizé) à torpiller le processus de paix, furent la pierre d’achoppement qui vous a servi de prétexte pour lancer une offensive sanglante le 24 mars 2013 sur la capitale centrafricaine Bangui, mettant en déroute le régime de M. Bozizé. L’offensive sur Bangui est une violation de ces accords et constitue un acte de mauvaise foi, au mépris de vos obligations de ne pas recourir à la violence.

De là, vous avez professé une mésestime à l’égard du peuple centrafricain, foulée aux pieds comme des âmes sans intérêt dont leur existence est suspendue au seul diktat du pouvoir de la force par les armes pour établir et instaurer la primauté qui reste et demeure l’objectif tant recherché.

Cela va de soi que lorsqu’un individu est habillé en tenue (des forces de l’ordre public) et en arme, c’est qu’il a reçu un minimum de formation et d’instruction nécessaire à l’exercice et à l’étique de la profession, sur le droit et les obligations de ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire, la précision de sa mission en occurrence assurer la protection des citoyens et la sécurité nationale. Le devoir du corps habillé est de veiller sur l’ordre public et de son rétablissement au cas où celui-ci est perturbé.

Lors de votre entrée dans Bangui, il y a eu absence totale de protection des biens et des personnes, qui n’était pas inscrit et prévu dans votre agenda, laissant place à un débordement d’insécurité d’envergure intolérable et jamais égalée dans le pays, la destruction systématique du patrimoine National.

Nous assistons à un phénomène pathologique et unique depuis l’existence du monde et qui n’arrive qu’en Centrafrique.

En effet vous avez déployé dans le pays de véritables robots humains programmés et dressés pour une destruction extrême et massive dont vous n’avez aucun contrôle ni aucune capacité à exercer une influence d’autorité sur vos propres troupes, lâchées sur les populations comme des fauves.

Vu votre passivité et votre immobilisme devant le désastre et la persistance des exactions aussi graves, nous sommes en mesure de conclure que ces actes sont prémédités, tout a été mis en œuvre pour arriver au triste état de fait que le pays est entrain de subir à savoir un assaut de haine et de violence gratuite sur les populations civiles. Vous êtes assujettis à une obligation de protection que volontairement vous relayez au dernier plan.

En trois semaines, vous vous êtes appropriés le bilan négatif d’un régime despotique de vingt ans de règne. La question de l’incertitude sur le devenir des centrafricains, sur la gestion politique, économique et sociale de la Centrafrique méritent une minutieuse et précise réponse.

Je dénonce avec vigueur et condamne jusqu’au dernier souffle ce crime organisé, destruction et vol des biens d’autrui et de l’Etat en bande armée organisée, occupation illégale des bâtiments Administratifs paralysant le fonctionnement de l’Etats, braquage, brigandage etc, Votre passivité et votre immobilisme sont une caution tacite donnée à l’initiation et la poursuite de ce crime contre la Nation.

Vous ne pouvez en aucun cas vous soustraire de votre responsabilité avérée dans toutes les exactions commises sur les populations civiles qui n’ont rien à voir avec vos querelles politiques intestines, de la destruction du patrimoine national, qui incombe à vous M. DJOTODJIA, à chacun des RESPONSABLES DE SELEKA, à tous ceux qui ont soutenu Séléka financièrement, matériellement et sous toute autre forme.

Vous vous êtes empiétés sur le droit des centrafricains et de tous ceux qui vivent sur le territoire national, empiété sur leur liberté à disposer et à jouir de leurs biens et des droits qui en découlent ; dans une « guerre » qui n’existe que dans votre imagination - mais je m’interroge contre qui cette guerre? Alors que votre présumé adversaire a pris la fuite et vous avez du mal à stopper la machine infernale de destruction par vos hommes dans un cycle infernal de violence gratuite.

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Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, vous concevez, fabriquez, lancez la machine de destruction et vous appelez les autres (France, la CEEAC, l’ONU) à la rescousse. Alors que ces mêmes « autres » ont tenté peine perdue, de trouver une issue pour une sortie pacifique à la crise. Vous avez provoqué une plaie béante de haine, de l’intolérance, de division ethnique, faire pire que ce que vous avez dénoncé au régime de Bozizé.

 

Comment est-ce-t-il concevable de vous accorder ne fût-ce qu’un minimum de crédit de confiance ?

L’expérience douloureuse des derniers mois est suffisamment parlante, concluante et humiliante pour nous. Nous, centrafricains exigeons impérativement :

 

1/ L’arrêt des exactions sur les populations à Bangui et dans les arrières pays.

2/ Le cantonnement et le désarmement immédiat et sans condition de toutes vos troupes.

3/ La restitution des biens d’autrui volés et confisqués

Nous centrafricains, relevons l’impuissance des dirigeants de Séléka à remettre le pays en ETAT DE MARCHE ne fusse que le ramener dans l’état où vous l’aviez trouvé à défaut de mieux faire, après avoir instauré l’anarchie et un état gendarme. Nous arrivons au triste constant de votre incompétence et de votre incapacité dans la gouvernance d’un pays qui va au delà d’une simple direction d’une rébellion.

Nous nous réservons le droit d’agir sur l’échiquier international pour retrouver notre dignité afin d’éviter une autre rébellion et sortir de la forme d’esclavage progressif qui est entrain de s’installer.

 

Jean Gualbert TOGBA

 

Ampliation :

  • Secrétariat General de l’ONU

  • La CEEAC

  • La CEE

  • Ministère français des Affaires Etrangères

  • Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (M. Abdoul Diouf)

  • L’Ambassade Centrafricaine




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