Les mots sont forts, à la mesure de la tragédie qui se joue dans l’est du Tchad. Ce jeudi, Barham Ahmed Salih, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, s'est rendu au poste frontière d’Adré, épicentre de l’une des crises humanitaires les plus graves au monde.
« Entre la vie et la mort »
Depuis le début du conflit au Soudan en avril 2023, le Tchad est devenu le principal sanctuaire pour les civils fuyant les violences. À Adré, le Haut-Commissaire a rencontré des familles marquées par des traumatismes indicibles. « Je suis ici parce que cette frontière marque la ligne entre la vie et la mort pour des milliers de personnes », a-t-il déclaré, saluant l'exceptionnelle générosité du peuple tchadien.
Avec plus de 900 000 nouveaux arrivants, le pays accueille désormais l'une des plus grandes populations de réfugiés au monde, alors même que ses propres ressources sont limitées.
Une mission de terrain avec le Gouvernement
Pour cette tournée de sensibilisation, le Haut-Commissaire était accompagné de deux figures clés de l'exécutif tchadien :
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Mme Zara Mahamat Issa, Ministre de l'Action sociale et des Affaires humanitaires.
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Mme Fatima Haram Acyl, Ministre déléguée aux Finances et à la Planification.
La délégation s'est rendue à Abéché, Farchana et Iriba. L'objectif était double : évaluer les besoins d'urgence (nourriture, soins, abris) et observer les mécanismes de cohabitation entre les réfugiés et les communautés hôtes qui partagent des ressources de plus en plus rares.
Au-delà de l'urgence : l'autonomie par le développement
Barham Ahmed Salih a insisté sur le fait que l'aide humanitaire classique ne suffit plus. Il plaide pour une réponse durable axée sur l'autonomie, citant plusieurs exemples prometteurs observés sur le terrain :
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Le maraîchage : Permettre aux réfugiés de produire leur propre nourriture tout en alimentant les marchés locaux.
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L'éducation connectée : Le déploiement de centres d'apprentissage numérique pour garantir un avenir aux milliers d'enfants soudanais déscolarisés.
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L'intégration locale : Renforcer les services publics (santé, eau) dont bénéficient à la fois les réfugiés et les Tchadiens.
Le Haut-Commissaire a conclu sa visite par un appel pressant à la communauté internationale pour que le Tchad, pilier de la stabilité régionale, ne soit pas laissé seul face à ce défi humanitaire colossal.
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Crise des réfugiés au Tchad : Le cri d'alarme du Haut-Commissaire Barham Ahmed Salih depuis la frontière d'Adré











