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ANALYSE

Dialogue avec un étudiant centrafricain vivant à Paris


Alwihda Info | Par DANGABO MOUSSA - 15 Février 2016


DANGABO MOUSSA
DANGABO MOUSSA
L’étudiant : grand frère, la situation en Centrafrique est à la fois alarmante et désarmante. D’après vous que pourrait faire le nouveau Président élu ? Par où doit-il commencer tant la tâche de redressement national est immense ?

Réponse : l’outil principal, c’est la réflexion et l’action. Le futur Président de la République Centrafricaine, de l’Assemblée nationale et le nouveau chef du gouvernement, ensemble, doivent forcément encourager l’étude du rôle de l’Etat et du droit dans la vie économique, du mécanisme et de l’efficacité de l’action qu’ils exercent (ou non) sur les processus économiques, les possibilités et les limites de cette action, etc.

Aucune théorie scientifique ne peut ignorer le rôle de l’Etat et du droit dans l’avancée d’une nation.

La réconciliation, c’est bien, le dialogue, c’est utile mais c’est grâce à un Etat, l’Etat moderne surtout, intégrant et mobilisant en son sein toutes les classes, les groupes sociaux que le pays centrafricain sera mieux encadrer, mieux pacifier et développer.

Cette importance de l’Etat et du droit dans la vie sociale, leur interaction organique avec les autres facteurs sociaux (économique, politique, idéologique, morale, éducation, etc.) leur vaut un intérêt naturel (et nécessaire) de la part des chercheurs en sciences sociales et autres domaines scientifiques. Bref, l’Etat et le droit ne sont pas l’objet d’une seule science mais de tout un corps des sciences sociales.

Pour illustrer mon propos, je dirais que le développement de la Chine en l’espace d’une trentaine d’année est du au rôle moteur de l’Etat moderne et au rôle dirigeant du parti communiste chinois.

De façon analogue, songeons à l’Inde ou la Russie. De même que la France jacobine n’a eu son salut que grâce à l’Etat centralisateur, concédant ça et là quelques libertés aux régions…

L’étudiant : pensez-vous que des divisions et les ressentiments entre les hommes politiques faciliteraient-ils cette construction de l’État que vous appelez de vos vœux ?

Ça fait partie des difficultés que nous essayerons de surmonter. Il n’y a pas de vie sans peine !

Lorsque le Pape est venu nous dire : la République Centrafrique sera la capitale spirituelle du monde, il importe que chacun de nous doit contribuer de manière positive pour relever ce défi. Le Pape a voulu ainsi dire qu’il y a un déficit de réflexion critique et de production intellectuelle dans notre pays. Car une bonne réflexion, c’est déjà une action !

Ceux ou celles qui ont fait l’impasse sur la théorie pour passer à la pratique ont tord.

Nous devrions adopter une démarche réflexion-action. Voilà ce qu’il faut retenir.

Ainsi s’achève notre dialogue durant le temps nécessaire pour réaliser notre parcours parisien.

DANGABO MOUSSA ABDOU