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TCHAD

Concours dans la fonction publique tchadienne : entre idéal méritocratique et défiance des diplômés


Alwihda Info | Par Ahmad Youssouf Ali - 2 Février 2026


Le gouvernement tchadien a identifié plusieurs secteurs prioritaires pour ces futurs recrutements, notamment l’éducation, la santé, l’élevage, l’environnement et les technologies de l’information. Malgré cette opportunité, le système fait face à une crise de confiance majeure.


Concours dans la fonction publique tchadienne : entre idéal méritocratique et défiance des diplômés



  L'intégration à la fonction publique par voie de concours soulève des tensions au Tchad, où le gouvernement a annoncé un recrutement massif pour l'exercice budgétaire 2026 dans des secteurs clés tels que l'éducation, la santé et les technologies de l'information. Le Président Mahamat Idriss Deby Itno a affirmé que « seul le mérite doit primer », insistant sur des recrutements locaux et par concours.




Réactions des Diplômés


Cependant, de nombreux diplômés, notamment ceux des écoles normales supérieures et des instituts nationaux, rejettent ce système. Ils estiment que le passage d'un concours d'entrée devrait suffire pour intégrer la fonction publique. Un ancien diplômé déclare : « Si on nous demande encore de passer un concours, c’est que nos formations sont mises en doute ou qu’il y a des failles. » Certains réclament une réforme approfondie, voire la suppression de leurs établissements si ce double parcours persiste.




Pratiques Douteuses et Corruption


Au-delà des principes théoriques, des pratiques douteuses entachent le processus de recrutement. Plusieurs diplômés dénoncent des demandes de pots-de-vin de la part d'agents de la fonction publique. Un diplômé de 2016 rapporte qu'on lui a demandé 75 000 FCFA pour le traitement de son dossier, tandis qu'un autre évoque une somme exorbitante de 2 000 000 FCFA pour une "intégration garantie". Ces témoignages alimentent une défiance généralisée envers l'institution, perçue par certains comme favorisant les enfants des riches au détriment des plus démunis.




Solutions Proposées

  Face à ces dysfonctionnements et aux milliers de dossiers en attente (environ 85 000), certaines voix appellent à des solutions alternatives. Parmi celles-ci, des suggestions incluent l'encouragement de l'investissement privé pour la création d'emplois et l'imposition aux entreprises d'embaucher des nationaux.

Pour les diplômés les plus critiques, la fonction publique doit être réformée en profondeur, voire « supprimée carrément » si elle ne parvient pas à incarner l’équité qu’elle prétend défendre.

 

Ainsi, bien que le concours demeure la pierre angulaire d'un système de recrutement méritocratique, sa légitimité est affaiblie par des doutes sur sa pertinence et par les scandales de corruption qui l'entourent. Le défi pour les autorités tchadiennes est désormais de rendre le processus non seulement transparent, mais aussi crédible aux yeux des jeunes diplômés, afin de restaurer la confiance dans la fonction publique et ses processus de recrutement.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)