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AFRIQUE

Littérature: Henri Djombo célébré à Yaoundé


Alwihda Info | Par - 31 Mai 2019 modifié le 31 Mai 2019 - 18:22

Les Journées littéraires et artistiques de la capitale camerounaise ont été cette année, un cadre de concertation et d’échanges autour de l’œuvre de cet auteur congolais, fin observateur de la vie courante.


« L’industrie du livre est très peu développée en Afrique.»
« L’industrie du livre est très peu développée en Afrique.»
Ouvertes le 29 mai dernier, les Journées littéraires et artistiques de Yaoundé qui se referment le 1er juin 2019 sont consacrées à l’œuvre d'Henri Djombo, auteur prolifique congolais de grande envergure de la littérature africaine, par ailleurs ministre d’Etat de son pays. C’est la Galerie d’art contemporain de Yaoundé qui a accueilli la cérémonie solennelle d’ouverture d’une série d’activités littéraires et artistiques. Elles comprenaient les représentations théâtrales, les tables-rondes, les expositions-ventes des livres de l’auteur et la remise du prix de l’Association des poètes et écrivains du Cameroun (APEC). Il s’agit d’une initiative de la Ronde des poètes et des Editions IFRIKIYA, avec le soutien de l’Union nationale des écrivains et artistes congolais (UNEAC) dont le président n’est autre que Henri Djombo, invité d’honneur des Journées littéraires et artistiques de Yaoundé.
Si ce cadre d’échanges et de concertation autour de l’œuvre d’Henri Djombo procède de la coopération culturelle entre le Cameroun et le Congo, il faut dire que la littérature est un lieu de partage et du vivre-ensemble, le Congo étant un foyer de foisonnement de talents de la littérature dans le monde, comme l’a si bien souligné le président de la Ronde des poètes, Jean-Claude Awono. Dans la leçon inaugurale sur l’œuvre littéraire de l’auteur délivrée par le Pr Kadima Mukala Nzuji de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, l’on apprendra qu’Henri Djombo est entré en littérature il y a trente ans. Aujourd’hui, il compte à son actif 17 ouvrages, dont dix pièces de théâtre, six romans et un essai théorique. Dès lors, il s’avère difficile de parler d’un tel auteur, encore en pleine activité. Néanmoins, il faut retenir qu’Henri Djombo se sert de l’écriture romanesque pour mettre à nu la crise des valeurs de la société. Il condamne ainsi le mal en enseignant le bien. « Henri Djombo est un auteur fécond, passionné et observateur de la vie courante, … un écrivain de l’espérance », dira le Pr Kadima Mukala Nzuji.
Tout ému, en présence du représentant du ministre des Arts et de la Culture et d’autres invités de marque de l’espace culturel, Henri Djombo a tenu à remercier les organisations des Journées littéraires et artistiques de Yaoundé. « Nous faisons la diplomatie culturelle », a-t-il dit, non sans rappeler que « l’industrie du livre est très peu développée en Afrique », avec en prime, les difficultés rencontrées par les éditions, les librairies et les bibliothèques. Ce qui créée, selon l’auteur, une grande distance entre la plume et la lecture. Malgré cela, Henri Djombo pense que le livre a des beaux jours du fait qu’il participe à la conscience citoyenne. Dans cette optique, les Journées littéraires et artistiques de Yaoundé constituent un événement qui favorise la synergie culturelle pour construire l’économie du livre et assurer une bonne circulation des acteurs.
Une rencontre avec les étudiants et enseignants de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, des échanges au département des Arts de Spectacles de l’université de Yaoundé I, ont meublé la visite de l’auteur congolais au Cameroun. Par ailleurs, il était prévu, entre autres, une visite du Centre International pour le Patrimoine Culturel et Artistique (CIPCA), une table ronde portant sur : « Henri Djombo, voix et voies d’une œuvre littéraire singulière », suivie de la remise du Prix littéraire de l’Association des poètes et écrivains du Cameroun à Henri Djombo et à Osée Collins Koagné, metteur en scène. Pour couronner le tout, les amoureux du théâtre se sont se régalés le 31 mai 2019, avec la représentation de Le cri de la forêt d’Henri Djombo par Le théâtre de l’environnement de Brazzaville, précédée de Le mort vivant du même auteur, par Le Masque Roi de Yaoundé. Avant cela, le ministre d'Etat, ministre de l'Economie forestière et du Développement durable congolais a été reçu en audience par le ministre camerounais des Arts et de la Culture Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt. De cette audience, il ressort la volonté du Cameroun et du Congo d'insuffler une nouvelle dynamique pour une forte production littéraire en Afrique centrale.