Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
REPORTAGE

N'Djamena : la saison des pluies, un atout pour les voleurs ?


Alwihda Info | Par Mbainaissem Gedeon - 17 Juin 2021

À N'Djamena, malgré le travail abattu par les forces de défense et de sécurité dans la capitale, les actes de vandalisme ne cessent d’être enregistrés. Après la première forte pluie du 4 juin qui s'est abattue dès 5 heures du matin, des voleurs en ont profité pour sévir. Dans les quartiers périphériques, la population émet des craintes. De son côté, la police adapte sa stratégie.


Un climat pluvieux en pleine nuit à N'Djamena. © Mahamat Abderaman Ali Kitire/Alwihda Info
Un climat pluvieux en pleine nuit à N'Djamena. © Mahamat Abderaman Ali Kitire/Alwihda Info
Dès la nuit, des cas de vols ont été signalés dans plusieurs quartiers, notamment des télévisions, téléphones, ordinateurs, de l'argent et d'autres effets.

Au quartier Kamda, trois rues après la radio Oxygène, un ménage nous a informé d'un vol à son domicile aux environs de deux heures du matin. "Comme il a plu, il fait froid et la cour est humide, tous mes enfants et mon mari ont passé la nuit dedans. Je ne supporte pas la chaleur donc j’ai installé mon couchage devant la porte de ma chambre. Chez nous, le dernier ferme la porte. Je ne sais pas si le portail était fermé ou pas mais les voleurs ont réussi à entrer chez nous. L’un était devant le portail de la grande porte et l’autre a fait son entrée sans m'en rendre compte. Il s'est rendu dans le salon puis dans la chambre de l'une de mes filles. Il a emporté mon smartphone et deux autres téléphones appartenant à ma fille. Elle a crié au voleur. Ses frères et moi nous sommes réveillés et le voleur a pris la poudre d'escampette. En sortant au portail, on les a vus fuir à deux. On s'est rendu compte que le second voleur faisait la garde dehors", se lamente Mairamou Djida.

Au quartier Habena vers le marché, deux cas de vol ont été signalés. Cette fois-ci, c’est une bouteille de gaz, un ordinateur et un téléphone. La scène s'est déroulée dans la même nuit du 4 juin quand deux voleurs ont réussi à escalader le mur d’un voisin. Personne n’a réussi à les attraper. Ils se sont même permis d'attacher les portes avec des cordes pour éviter que les occupants du domicile ne sortent, raconte un jeune voisin du quartier.

Au quartier Walia Sinistré, un homme raconte que vendredi 4 juin, un voleur est venu vers trois heures du matin pour tenter de s'emparer des chèvres de sa femme. Fort heureusement, le voleur a échoué dans sa mission.

"Après la pluie, madame et mes trois enfants étaient dedans entrain de dormir. Ma petite fille de deux ans et moi, ne supportant pas la chaleur, avons installé la moustiquaire dehors dans la cour pour passer la nuit. Vers 2h52, je vois un monsieur sans chemise, sans chaussures, juste avec une culotte, arriver de l’autre côté de mon mur qui est tombé l’année passée. Je n'ai pas eu les moyens de le reconstruire. Il est venu s'arrêter à 10 mètres. Il m'observe et pense que je dors. Alors il continue vers la case où sont les chèvres. La porte est en tôle. Il voulait soulever la tôle pour entrer mais elle est subitement tombée, faisant un grand bruit. Il m'a observé, voyant que je ne faisais pas de mouvement, puis est entré. J'ai tiré doucement la chaine de la moustiquaire. Il m'a aperçu et est sorti en courant. J'ai crié au voleur. Il a disparu vers 3h20 et les voisins sont sortis", explique le père de famille.

Les vols de nuit se multiplient dans les quartiers périphériques de la ville. Pour de nombreux citoyens, la crainte est que la pluie renforce leur vulnérabilité car des quartiers seront impraticables, empêchant les forces de sécurité d'y pénétrer, et donc à la portée des voleurs.

La population doit-elle s'organiser dans les quartiers et carrés pour initier elle-même des patrouilles tard dans la nuit, à tour de rôle, pour sa sécurité ? C'est l'idée qu'émettent certains habitants. "Beaucoup des villes ont eu à utiliser ces méthodes et ça a donné des résultats satisfaisants. Alors nos concitoyens doivent apprendre à compter sur eux d’abord avant qu’une autre force ne vienne à leur secours", affirme une personne âgée.

Pour d'autres, les autorités doivent créer des centres d’écoute dans les différents carrés ou quartiers en mettant une commission spéciale antivols. La condamnation des auteurs doit être plus sévère afin de freiner la délinquance.

La police adapte sa stratégie

Dans la capitale, une commission est à l'œuvre pour faire appliquer la mesure des autorités visant à interdire la circulation des véhicules à vitres fumées et engins sans plaques. L'objectif est de renforcer la sécurité.

Hier nuit, la police a neutralisé deux présumés malfaiteurs remorqués sur une moto, après de longs échanges de tir à Goudje Charafa, dans la commune du 10ème arrondissement. Les deux malfaiteurs ont ouvert le feu sur la police et ont fini par se rendre après avoir épuisé toutes les balles en leur possession.

Face à l'insécurité grandissante dans la capitale, la police nationale a changé de stratégie en déployant des patrouilles à pied, à moto ou bien en véhicule dans les coins et recoins reculés. Elle organisera dans les jours à venir une cérémonie de présentation de malfrats pour donner d'amples informations sur cette situation, selon une source policière.








TRIBUNE & DEBATS

POINT DE VUE - 08/09/2021 - Olivier Noudjalbaye Dedingar, Expert technique et journaliste indépendant

Cameroun : l’enrichissement illicite préoccupe

Tchad : le dialogue national inclusif est-il nécessaire ? Tchad : le dialogue national inclusif est-il nécessaire ? 06/09/2021 - Martin Hidgé Ndouba


ANALYSE - 11/10/2021 - Martin Higdé Ndouba

Tchad : la dépravation des moeurs, un fléau qui gangrène la jeunesse

Cameroun : question sociale et devenir du pays Cameroun : question sociale et devenir du pays 11/10/2021 - Pr Armand Leka Essomba, chef de Département de Sociologie, Université de Yaoundé I.