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TCHAD

Tchad : L’État assure la gestion provisoire du complexe scolaire Bahar sous sa tutelle


Alwihda Info | Par - 12 Décembre 2017 modifié le 12 Décembre 2017 - 11:26


La suspension est provisoire et les activités pédagogiques continuent sous cette administration provisoire, dirigée par le directeur de l’Enseignement privé.


Le Complexe Scolaire Internationale Bahr (CSIB) à N'Djamena. Alwihda Info
Le Complexe Scolaire Internationale Bahr (CSIB) à N'Djamena. Alwihda Info
La pression des autorités turques sur le Tchad pour entrer en possession du Complexe Scolaire Internationale Bahr (CSIB) semblent avoir porter ses fruits. Un pas très important vient d’être franchi par le gouvernement tchadien à l’égard de la Turquie, qui par un arrêté n°474/PR/PM/MENPC/SEENPC/SG/DGEF/DIEP/2017 du 8 décembre 2017, rendu par le ministre de l’Éducation Nationale et de la Promotion Civique, M. Ahmat Khazali Acyl, a suspendu provisoirement l’école Tchado-Turque (primaire et secondaire).

L'école a été​ fondée par l’association turque BASKENT, muée en Complexe Scolaire International Tchado-Turc, dénommée actuellement Complexe Scolaire International Bahar.

Par une décision N°125-PR-PM-MENPC-SEENPC-SG-DGEF-2017, le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, M. Laurent Dihoulné procède à la nomination de l'actuel directeur de l’Enseignement privé M. Lol Ali Choua, en tant que directeur général intérimaire de l’ex-Complexe Scolaire International Tchado-Turc (devenu CSIB). Il est désormais à la tête d’une équipe provisoire de gestion de l’établissement afin de poursuivre l’éducation et la formation des enfants scolarisés. 

D’après une source d’information recueillie par Alwihda Info au ministère de l’Éducation Nationale et de la Promotion Civique, la suspension est provisoire et les activités pédagogiques continuent sous cette administration provisoire, dirigée par le directeur de l’Enseignement privé. La même source dément catégoriquement toutes les rumeurs selon lesquelles l’école est remise à la fondation Maarif, proche des autorités Turques.

Pendant que la fondation Turque Maarif se bat activement depuis une année, avec l’appui du gouvernement Turc pour entrer en possession du Complexe Scolaire International Bahar (CSIB), l’État tchadien décide provisoirement d’assurer la direction de l’établissement, dont les cours sont conformes au programme de l’enseignement du Tchad.

La décision des autorités tchadiennes intervient juste après avoir été saisie par les autorités Turques qui justifient que l’association BASKENT, qui a été autorisée à créer cette école au Tchad, n’existe plus en Turquie, ce qui a conduit à procéder à la mise sous tutelle provisoire de cette école Tchado-Turque et à lui retirer surtout son autorisation.

Des élèves du Complexe Scolaire Internationale Bahr (CSIB) à N'Djamena. Alwihda Info
Des élèves du Complexe Scolaire Internationale Bahr (CSIB) à N'Djamena. Alwihda Info
​Les responsables du Complexe Scolaire International Bahar (CSIB), dont la plupart sont de nationalités étrangères, restent étrangement silencieux face à cette décision prise par les autorités tchadiennes.

L’inquiétude et le climat d’incompréhension envahissent les parents d’élèves. Ceux-ci estiment que le Tchad, en tant que pays souverain, ne devrait pas céder sous la pression de la Turquie qui cherche à transposer ses problèmes au Tchad. Par ailleurs, ils déplorent que cette décision soit prise en pleine année scolaire, ce qui pourrait avoir des répercussions négatives sur l’assiduité et la qualité de l’enseignement dispensé dans cet établissement scolaire.

La Fondation Maarif au Tchad promet de travailler avec le ministère de l’Éducation Nationale et de la Promotion Civique pour ouvrir une nouvelle page dans l’enseignement, allant du primaire jusqu’à l’université, en passant par l’éducation professionnelle, surtout de la formation sanitaire et agricole.

Après l’échec de la tentative de prise de pouvoir par la force en juillet 2016, la Turquie entreprend des démarches pour procéder à la mise sous tutelle des institutions d’enseignement de base ou bancaires des Turcs à l’étranger supposées êtres affiliées au prédicateur turc Fettulah Gulen.

La rencontre du président Idriss avec l’envoyé spécial du président turc, fin novembre 2017, aurait joué un rôle déterminant dans la décision de mise sous tutelle du Complexe Scolaire International Bahar par les autorités tchadiennes.
Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur