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Tchad : à N’Djamena, des chantiers d'Etat aux arrêts alors que certaines institutions publiques sont en location ‎


Alwihda Info | Par Temandang Gontran - 21 Janvier 2026



D’un côté, des carcasses de béton qui s’effritent sous le soleil sahélien ; de l’autre, des milliards de francs CFA versés à des propriétaires privés. À N’Djamena, l'arrêt prolongé des chantiers publics alors que les institutions de l’État peinent à se loger soulève une question de cohérence économique et de gestion des deniers publics.

‎ Le spectacle de l'abandon
‎ ‎Il suffit de parcourir les grandes artères de la capitale pour les voir. Ces structures inachevées, souvent au stade du gros œuvre, sont devenues des repères géographiques : le futur siège de tel ministère, le palais de telle institution, ou encore des complexes administratifs ambitieux. Lancés en grande pompe, ces chantiers sont aujourd'hui à l'arrêt, certains depuis plus d'une décennie. ‎Pendant ce temps, le spectacle est tout autre dans les quartiers résidentiels comme. Là, l'État tchadien loue à prix d'or des villas et des immeubles privés pour y loger ses directions, ses agences et parfois même des ministères entiers. ‎ ‎

Un non-sens économique et financier
‎ ‎Comment comprendre cette stratégie qui semble privilégier la dépense locative continue au détriment de l'investissement patrimonial ? Pour les experts en gestion publique, cette situation constitue un double préjudice financier, le gaspillage des investissements initiaux. Les millions, voire les milliards déjà injectés dans ces structures sont « gelés ». Sans protection ni entretien, le béton se dégrade, les fers à béton s'oxydent et les études techniques deviennent obsolètes.

À terme, la reprise de ces travaux coûtera bien plus cher que prévu initialement. ‎ ‎ Les loyers versés chaque mois par le Trésor public représentent une charge récurrente qui ne crée aucune valeur à long terme pour l'État. ‎« C'est l'image même de l'inefficacité de la dépense publique. On paie pour occuper le bien d'autrui alors que l'on possède des murs que l'on est incapable de finir », déplore un économiste local sous couvert d'anonymat. ‎ ‎

Souvent, les causes d'arrêt de ces chantiers ne sont pas connues et aucune communication officielle ne fait pour situer la responsabilité. ‎L'achèvement de ces infrastructures n'est pas seulement une question d'esthétique urbaine ; c'est une nécessité de souveraineté administrative. Loger une institution d'État dans ses propres murs, c'est garantir sa stabilité, sa sécurité et réduire drastiquement son budget de fonctionnement sur le long terme. ‎ ‎

Face à l'urgence des besoins et à la rareté des ressources, une stratégie de priorisation s'impose. Plutôt que de lancer de nouveaux projets, la finalisation de ces « éléphants blancs » devrait être au cœur de la politique de développement urbain de N'Djamena. Car chaque mois de retard est un mois de loyer supplémentaire payé par le contribuable tchadien.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)