Des coupures plus fréquentes en période de chaleur
Chaque année, entre mars, avril et mai — période marquée par de fortes chaleurs — les coupures d’électricité deviennent plus fréquentes. Cette situation met en difficulté les commerçants, notamment ceux qui vendent des produits nécessitant une conservation au froid, comme les glaçons, les boissons ou les produits laitiers.
Les ménages sont également affectés. Les ventilateurs, climatiseurs et réfrigérateurs deviennent inutilisables en pleine canicule, exposant particulièrement les personnes âgées et les personnes vulnérables à des conditions de vie difficiles.
L’énergie solaire, une alternative en plein essor
Face à ces désagréments, de plus en plus de citoyens disposant de moyens financiers optent pour l’installation de panneaux solaires comme solution alternative. Le recours au solaire s’explique aussi par un déficit structurel d’accès à l’électricité. Le Tchad affiche un taux d’électrification très bas : environ 12 % selon les données et analyses récentes citées dans la presse spécialisée, qui soulignent un système électrique de petite taille et très contraint. En milieu rural, la situation est encore plus critique : l’accès à l’électricité n’atteint que 0,4 % (donnée 2023).
« Avant, j’utilisais l’électricité pour vendre des glaçons et des yaourts. Mais à cause des coupures prolongées, j’ai décidé d’investir toutes mes économies dans des panneaux solaires. Aujourd’hui, c’est devenu une solution efficace pour mon commerce, surtout pendant le mois de Ramadan », explique Hadjé, une jeune commerçante rencontrée au quartier Diguel Centre.
Dans un pays sahélien où l’ensoleillement est abondant presque toute l’année, l’énergie solaire apparaît comme une option adaptée aux réalités climatiques. Les panneaux solaires sont désormais visibles dans plusieurs quartiers de la capitale.
Dans cette dynamique, l’État, à travers l’Agence pour le Développement de l’Électrification Rurale et la Maîtrise de l’Énergie (ADERM), a engagé des initiatives d’électrification dans certaines zones rurales reculées. Des lampadaires solaires ont également été installés dans plusieurs rues de N’Djamena, dans le cadre de la promotion des énergies renouvelables.
Résultat : pour de nombreuses familles, la question n’est pas “confort”, mais “survie économique”. Les petits métiers dépendants du froid (glaçons, boissons, produits laitiers) sont parmi les plus exposés lors des longues coupures.
Un coût encore inaccessible pour la majorité
Le pays connaît une montée en puissance du photovoltaïque. Début février 2026, la capacité photovoltaïque installée était estimée à 110 MW, une production jugée significative au regard de la taille du système électrique national. Cette dynamique s’inscrit dans des ambitions plus larges : le plan « Tchad Connexion 2030 » vise notamment 30 % de renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 et prévoit de nouveaux investissements dans le solaire.
Cependant, l’installation d’un système solaire domestique reste coûteuse. Selon des techniciens du secteur, un kit complet (panneaux, batteries, régulateur et installation) peut coûter entre 350 000 et 400 000 francs CFA, selon les besoins énergétiques.
Dans un pays où une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté, cet investissement demeure hors de portée pour de nombreux ménages.
« L’énergie renouvelable est une solution face aux délestages. Mais nous qui avons de faibles revenus, comment pouvons-nous nous l’offrir ? », s’interroge Souleymane Idriss, père de famille.
Vers une politique de subvention ?
Avec un fort taux d’ensoleillement, le pays dispose pourtant d’un potentiel considérable en matière d’énergie solaire. Même avec des exonérations, un système solaire domestique complet (panneaux, batteries, régulateur, installation) représente un investissement important pour les familles à revenus modestes. Et lorsque les batteries doivent être remplacées, la dépense revient. Plusieurs observateurs estiment qu’un accompagnement plus soutenu de l’État — notamment à travers des subventions, des facilités de paiement ou des partenariats avec des fournisseurs internationaux — pourrait favoriser un accès plus large aux équipements solaires.
Encourager l’importation de panneaux solaires à moindre coût, notamment en provenance de pays producteurs comme la Chine, pourrait également contribuer à réduire les prix et à démocratiser l’accès à l’énergie renouvelable. L’enjeu est d’éviter une “transition à deux vitesses”, où seuls les ménages aisés sécurisent leur électricité.
Au niveau continental, des programmes comme Desert to Power (Banque africaine de développement) mettent en avant des objectifs de capacité solaire additionnelle pour le Tchad, avec des cibles annoncées à l’horizon 2030.
Face aux délestages persistants, l’énergie solaire semble ainsi s’imposer comme une alternative crédible. Reste à savoir si elle pourra devenir accessible au plus grand nombre, avec des impacts visibles dans les quartiers, les marchés et les zones rurales, là où le besoin est le plus urgent.
Chaque année, entre mars, avril et mai — période marquée par de fortes chaleurs — les coupures d’électricité deviennent plus fréquentes. Cette situation met en difficulté les commerçants, notamment ceux qui vendent des produits nécessitant une conservation au froid, comme les glaçons, les boissons ou les produits laitiers.
Les ménages sont également affectés. Les ventilateurs, climatiseurs et réfrigérateurs deviennent inutilisables en pleine canicule, exposant particulièrement les personnes âgées et les personnes vulnérables à des conditions de vie difficiles.
L’énergie solaire, une alternative en plein essor
Face à ces désagréments, de plus en plus de citoyens disposant de moyens financiers optent pour l’installation de panneaux solaires comme solution alternative. Le recours au solaire s’explique aussi par un déficit structurel d’accès à l’électricité. Le Tchad affiche un taux d’électrification très bas : environ 12 % selon les données et analyses récentes citées dans la presse spécialisée, qui soulignent un système électrique de petite taille et très contraint. En milieu rural, la situation est encore plus critique : l’accès à l’électricité n’atteint que 0,4 % (donnée 2023).
« Avant, j’utilisais l’électricité pour vendre des glaçons et des yaourts. Mais à cause des coupures prolongées, j’ai décidé d’investir toutes mes économies dans des panneaux solaires. Aujourd’hui, c’est devenu une solution efficace pour mon commerce, surtout pendant le mois de Ramadan », explique Hadjé, une jeune commerçante rencontrée au quartier Diguel Centre.
Dans un pays sahélien où l’ensoleillement est abondant presque toute l’année, l’énergie solaire apparaît comme une option adaptée aux réalités climatiques. Les panneaux solaires sont désormais visibles dans plusieurs quartiers de la capitale.
Dans cette dynamique, l’État, à travers l’Agence pour le Développement de l’Électrification Rurale et la Maîtrise de l’Énergie (ADERM), a engagé des initiatives d’électrification dans certaines zones rurales reculées. Des lampadaires solaires ont également été installés dans plusieurs rues de N’Djamena, dans le cadre de la promotion des énergies renouvelables.
Résultat : pour de nombreuses familles, la question n’est pas “confort”, mais “survie économique”. Les petits métiers dépendants du froid (glaçons, boissons, produits laitiers) sont parmi les plus exposés lors des longues coupures.
Un coût encore inaccessible pour la majorité
Le pays connaît une montée en puissance du photovoltaïque. Début février 2026, la capacité photovoltaïque installée était estimée à 110 MW, une production jugée significative au regard de la taille du système électrique national. Cette dynamique s’inscrit dans des ambitions plus larges : le plan « Tchad Connexion 2030 » vise notamment 30 % de renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 et prévoit de nouveaux investissements dans le solaire.
Cependant, l’installation d’un système solaire domestique reste coûteuse. Selon des techniciens du secteur, un kit complet (panneaux, batteries, régulateur et installation) peut coûter entre 350 000 et 400 000 francs CFA, selon les besoins énergétiques.
Dans un pays où une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté, cet investissement demeure hors de portée pour de nombreux ménages.
« L’énergie renouvelable est une solution face aux délestages. Mais nous qui avons de faibles revenus, comment pouvons-nous nous l’offrir ? », s’interroge Souleymane Idriss, père de famille.
Vers une politique de subvention ?
Avec un fort taux d’ensoleillement, le pays dispose pourtant d’un potentiel considérable en matière d’énergie solaire. Même avec des exonérations, un système solaire domestique complet (panneaux, batteries, régulateur, installation) représente un investissement important pour les familles à revenus modestes. Et lorsque les batteries doivent être remplacées, la dépense revient. Plusieurs observateurs estiment qu’un accompagnement plus soutenu de l’État — notamment à travers des subventions, des facilités de paiement ou des partenariats avec des fournisseurs internationaux — pourrait favoriser un accès plus large aux équipements solaires.
Encourager l’importation de panneaux solaires à moindre coût, notamment en provenance de pays producteurs comme la Chine, pourrait également contribuer à réduire les prix et à démocratiser l’accès à l’énergie renouvelable. L’enjeu est d’éviter une “transition à deux vitesses”, où seuls les ménages aisés sécurisent leur électricité.
Au niveau continental, des programmes comme Desert to Power (Banque africaine de développement) mettent en avant des objectifs de capacité solaire additionnelle pour le Tchad, avec des cibles annoncées à l’horizon 2030.
Face aux délestages persistants, l’énergie solaire semble ainsi s’imposer comme une alternative crédible. Reste à savoir si elle pourra devenir accessible au plus grand nombre, avec des impacts visibles dans les quartiers, les marchés et les zones rurales, là où le besoin est le plus urgent.
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Tchad : face aux coupures d’électricité, les habitants de N’Djamena misent de plus en plus sur le solaire








