Dans les rues animées de N'Djamena, les lieux de travail, les hôpitaux les universités, instituts, les salles d'attente ou même les lieux de culte un phénomène familier s'impose à tous : les conversations téléphoniques menées à voix haute, sans égard pour l'entourage. Si le téléphone portable est devenu un outil indispensable au Tchad, son utilisation en public soulève de plus en plus de questions sur la frontière entre liberté individuelle et respect collectif.
Une habitude ancrée, un trouble discret mais réel
Pour beaucoup de Tchadiens, répondre immédiatement à un appel, quel que soit le lieu, est perçu comme une marque de disponibilité, d'importance sociale ou simplement une pratique normale. « Je ne vois pas le mal, je parle comme je parlerais à quelqu'un à côté de moi », explique Félicien, usager d'un centre hospitalier à Habbena. Cependant, cette normalité est souvent vécue comme une intrusion sonore par ceux qui subissent ces échanges malgré eux.
« Comment se concentrer dans un taxi quand votre voisin discute d'affaires familiales ou commerciales pendant tout le trajet ?», s'interroge Amina, étudiante, qui évoque aussi les appels durant les cours à l'université ou les longues conversations dans les cours des administrations. Le bruit de fond permanent des conversations téléphoniques grignote tranquillement les moments de quiétude.
La quiétude publique, un bien commun négligé ?
L'espace public est par essence un lieu de vie commune, où s'entrecroisent les libertés. Mais cette liberté de communiquer semble parfois empiéter sur un droit tout aussi fondamental : le droit à la tranquillité. « Il y a une forme d'incivilité qui s'installe, volontaire ou non », analyse un sociologue n'djamenois. « Passer un appel urgent est compréhensible. Mais mener une conversation longue et bruyante au milieu des autres, c'est imposer son monde à tout le monde, sans consentement. »
Les lieux de culte, les bibliothèques ou les files d'attente sérieuses sont particulièrement touchés par ce manque de discrétion. Le respect du caractère sacré ou du silence requis dans ces endroits semble s'effacer devant l'impératif de la communication immédiate.
Vers une culture de la discrétion téléphonique ?
La solution ne réside pas dans l'interdiction, mais dans la prise de conscience et l'adoption de gestes simples qui relèvent du savoir-vivre et du respect mutuel.
« La première des choses est de réaliser que sa conversation n'intéresse pas forcément les autres », souligne une enseignante. Les bonnes pratiques sont à portée de main : baisser significativement le ton de sa voix, écourter les conversations non essentielles en public, et surtout, s'isoler pour les appels importants ou personnels.
Quelques pas de côté, une courte distance par rapport au groupe, suffisent souvent à préserver l'intimité de l'échange et la paix des auditeurs involontaires. « Quand mon téléphone sonne dans une réunion informelle, je m'excuse et je m'éloigne de quelques mètres. C'est une marque de respect à la fois pour mon interlocuteur au téléphone et pour les personnes physiquement présentes avec moi », témoigne Oumar, fonctionnaire.
Un enjeu de cohésion sociale
Au-delà de la simple nuisance sonore, c'est la qualité de notre vie en communauté qui est en jeu. Apprendre à modérer et à adapter son usage du téléphone en public, c'est reconnaître que l'espace que nous partageons mérite d'être préservé comme un havre de paix possible. C'est aussi recréer des moments de présence véritable à son environnement immédiat.
Dans un monde hyper-connecté, le véritable luxe n'est-il pas, parfois, de pouvoir couper le son et profiter d'un moment de silence partagé ? La prudence dans la gestion des appels en public au Tchad n'est pas une affaire de technologie, mais une affaire de courtoisie et de bon sens, valeurs ancestrales qu'il serait sage de réinventer à l'ère du numérique.
Conclusion : Le téléphone portable est un pont vers l'absent. Mais il ne devrait pas devenir un mur entre nous et les présents. Chacun, par un peu de retenue et de considération, peut contribuer à faire de l'espace public tchadien, un lieu plus agréable et paisible pour tous.
Une habitude ancrée, un trouble discret mais réel
Pour beaucoup de Tchadiens, répondre immédiatement à un appel, quel que soit le lieu, est perçu comme une marque de disponibilité, d'importance sociale ou simplement une pratique normale. « Je ne vois pas le mal, je parle comme je parlerais à quelqu'un à côté de moi », explique Félicien, usager d'un centre hospitalier à Habbena. Cependant, cette normalité est souvent vécue comme une intrusion sonore par ceux qui subissent ces échanges malgré eux.
« Comment se concentrer dans un taxi quand votre voisin discute d'affaires familiales ou commerciales pendant tout le trajet ?», s'interroge Amina, étudiante, qui évoque aussi les appels durant les cours à l'université ou les longues conversations dans les cours des administrations. Le bruit de fond permanent des conversations téléphoniques grignote tranquillement les moments de quiétude.
La quiétude publique, un bien commun négligé ?
L'espace public est par essence un lieu de vie commune, où s'entrecroisent les libertés. Mais cette liberté de communiquer semble parfois empiéter sur un droit tout aussi fondamental : le droit à la tranquillité. « Il y a une forme d'incivilité qui s'installe, volontaire ou non », analyse un sociologue n'djamenois. « Passer un appel urgent est compréhensible. Mais mener une conversation longue et bruyante au milieu des autres, c'est imposer son monde à tout le monde, sans consentement. »
Les lieux de culte, les bibliothèques ou les files d'attente sérieuses sont particulièrement touchés par ce manque de discrétion. Le respect du caractère sacré ou du silence requis dans ces endroits semble s'effacer devant l'impératif de la communication immédiate.
Vers une culture de la discrétion téléphonique ?
La solution ne réside pas dans l'interdiction, mais dans la prise de conscience et l'adoption de gestes simples qui relèvent du savoir-vivre et du respect mutuel.
« La première des choses est de réaliser que sa conversation n'intéresse pas forcément les autres », souligne une enseignante. Les bonnes pratiques sont à portée de main : baisser significativement le ton de sa voix, écourter les conversations non essentielles en public, et surtout, s'isoler pour les appels importants ou personnels.
Quelques pas de côté, une courte distance par rapport au groupe, suffisent souvent à préserver l'intimité de l'échange et la paix des auditeurs involontaires. « Quand mon téléphone sonne dans une réunion informelle, je m'excuse et je m'éloigne de quelques mètres. C'est une marque de respect à la fois pour mon interlocuteur au téléphone et pour les personnes physiquement présentes avec moi », témoigne Oumar, fonctionnaire.
Un enjeu de cohésion sociale
Au-delà de la simple nuisance sonore, c'est la qualité de notre vie en communauté qui est en jeu. Apprendre à modérer et à adapter son usage du téléphone en public, c'est reconnaître que l'espace que nous partageons mérite d'être préservé comme un havre de paix possible. C'est aussi recréer des moments de présence véritable à son environnement immédiat.
Dans un monde hyper-connecté, le véritable luxe n'est-il pas, parfois, de pouvoir couper le son et profiter d'un moment de silence partagé ? La prudence dans la gestion des appels en public au Tchad n'est pas une affaire de technologie, mais une affaire de courtoisie et de bon sens, valeurs ancestrales qu'il serait sage de réinventer à l'ère du numérique.
Conclusion : Le téléphone portable est un pont vers l'absent. Mais il ne devrait pas devenir un mur entre nous et les présents. Chacun, par un peu de retenue et de considération, peut contribuer à faire de l'espace public tchadien, un lieu plus agréable et paisible pour tous.
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Tchad : parler fort au téléphone, une nouvelle incivilité urbaine








