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INTERNATIONAL

​Les États-Unis s’opposent à une résolution de l’ONU sur l’esclavage et les réparations


Alwihda Info | Par Alwihda - 27 Mars 2026


Lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations Unies, les États-Unis ont exprimé leur opposition à une résolution visant à qualifier la traite des Africains réduits en esclavage comme le crime le plus grave contre l’humanité. Cette prise de position, portée par l’ambassadeur Dan Negrea, met en lumière des divergences profondes sur les questions historiques, juridiques et politiques liées à l’esclavage et à ses conséquences.


Les États-Unis ont d’abord réaffirmé leur condamnation sans équivoque des injustices historiques, notamment la traite transatlantique et transsaharienne des esclaves. Ils reconnaissent ces événements comme des crimes graves ayant marqué durablement l’histoire de l’humanité. Toutefois, malgré cette reconnaissance, la délégation américaine considère que le texte de la résolution pose de nombreux problèmes, tant sur le plan juridique que politique.

L’un des principaux points de désaccord concerne la notion de « justice réparatrice ». Les États-Unis rejettent l’idée selon laquelle des événements survenus entre le XVe et le XIXe siècle pourraient être considérés comme des violations du droit international tel qu’il est défini aujourd’hui. Selon leur position, ces faits historiques, bien que condamnables moralement, ne peuvent pas être jugés selon des normes juridiques modernes ni donner lieu à un droit légal à des réparations.

Par ailleurs, la délégation américaine critique le manque de clarté concernant les bénéficiaires potentiels de ces réparations. Elle dénonce une tentative de certains acteurs d’utiliser des injustices historiques comme levier pour obtenir des ressources actuelles, estimant que cette approche soulève des questions d’équité et de légitimité.

Un autre point de friction majeur réside dans la hiérarchisation des crimes contre l’humanité proposée par la résolution. Les États-Unis s’opposent fermement à toute tentative de classer ces crimes selon leur gravité, considérant qu’une telle démarche minimise la souffrance des victimes d’autres atrocités historiques. Pour eux, chaque crime contre l’humanité doit être reconnu dans toute sa gravité, sans comparaison ni classement.

La délégation américaine a également critiqué ce qu’elle qualifie de vision historique partielle. Elle souligne que la traite des Africains a commencé bien avant le XVe siècle et s’est poursuivie après le XIXe siècle, estimant que les périodes mentionnées dans la résolution ont été choisies pour des raisons politiques plutôt qu’historiques.

Enfin, les États-Unis ont exprimé leur frustration quant au processus d’élaboration du texte. Selon eux, les propositions visant à rendre la résolution conforme au droit international existant n’ont pas été prises en compte, ce qui a contribué à leur décision de voter contre.

Ainsi, malgré leur reconnaissance des injustices passées, les États-Unis ont annoncé qu’ils voteraient « non » à cette résolution. Cette position illustre les tensions persistantes au sein de la communauté internationale sur la manière d’aborder les héritages de l’esclavage et les questions de réparation, entre mémoire historique, justice morale et cadre juridique contemporain.



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