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‎ Tchad : affaire du cordonnier et du lycéen, entre légitime défense et réponse disproportionnée, la justice tranche


Alwihda Info | Par Ahmad Youssouf Ali - 21 Janvier 2026



‎ Tchad : affaire du cordonnier et du lycéen, entre légitime défense et réponse disproportionnée, la justice tranche
Le tribunal de grande instance de N’Djamena a rendu son verdict ce mercredi 21 janvier 2026, dans une affaire qui a vivement alimenté les débats dans l’opinion publique.

Un cordonnier itinérant, décrit comme un artisan « débrouillard » peinant à subvenir à ses besoins dans les rues de la capitale, a été reconnu coupable de coups et blessures volontaires sur un lycéen. Il a été condamné à six mois d’emprisonnement ferme, et au paiement d’une amende de 50 000 FCFA au profit du Trésor public.

Selon les éléments du dossier et les arguments de la défense, l’incident s’est produit alors que l’artisan exerçait son activité habituelle dans un quartier de N’Djamena. Il aurait été interpellé par un groupe de lycéens pour cirer leurs chaussures. La situation aurait rapidement dégénéré lorsque les jeunes se seraient livrés à des moqueries et à des insultes, ciblant l’apparence et les vêtements jugés délabrés du cordonnier.

La réponse de l’artisan, rapportée par son avocat, aurait été immédiate et tranchante : « Mes habits sont délabrés, c’est exactement comme vos tenues. » Une réplique qui aurait envenimé l’échange. L’un des lycéens aurait alors giflé le cordonnier. Dans un geste de colère et de panique, ce dernier aurait saisi une brique et frappé son agresseur, lui causant des blessures.

À la barre, l’avocat du prévenu a contesté la qualification de coups et blessures volontaires, plaidant la légitime défense. Il a soutenu que son client avait été agressé à la fois verbalement et physiquement par un groupe de jeunes, dénonçant une humiliation sociale infligée à un homme vivant de petits métiers.

Selon lui, cette affaire révèle « un mépris de classe » de la part de certains élèves « persuadés que leur statut social les autorise à rabaisser les autres ». Le tribunal, tout en semblant tenir compte du contexte de provocation, a estimé que la riposte – l’usage d’une brique – était disproportionnée et ne pouvait être justifiée par la légitime défense.

La condamnation à six mois de prison ferme, assortie d’une amende, traduit ainsi la volonté de la justice de sanctionner toute forme de violence, indépendamment de ses circonstances.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)