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ANALYSE

Centrafrique : La guerre des intérêts


Alwihda Info | Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE - 23 Décembre 2013


Un soldat français de l'opération Sangaris désarme un combattant de l'ex-Séléka. Crédit photo : Sources
Un soldat français de l'opération Sangaris désarme un combattant de l'ex-Séléka. Crédit photo : Sources

Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE.

Il suffit juste de scruter dans les moindres détails l’impasse excessive que traverse présentement la Centrafrique pour dépister les méandres de la crise qui s’interprètent différemment de nos jours en fonction de l’intérêt grégaire égoïste des uns et des autres. Même si, le voisin géant aux pieds d’argile et son préfet Amdroko ont réussi à imposer l’idée sous-jacente d’une guerre interconfessionnelle à certains professionnels de médias étrangers, il n’en demeure pas moins que d’autres journalistes démentent la version d’un tel conflit et estiment que la crise est par essence sociopolitique. Il a juste fallu l’intervention du grand reporter Pierre GRANGE de TF1 qui avait séjourné pendant dix (10) jours à Bangui pour éclairer la lanterne de l’opinion nationale et internationale sur les causes réelles de cette crise.

Selon le grand reporter du TFI qui intervenait sur la chaîne LCI récemment, le Tchad n’est rien d’autres que l’instigateur de cette crise et le pétrole centrafricain serait l’une des causes de la déstabilisation du pays par le Président Deby. Il macère son intervention par la structuration hétéroclite et tendancieuse des enturbannés alimentant peu à peu le cycle de la résistance paysanne (anti balaka). Etant donné que la rébellion était composée à hauteur de 90% des gens sans foi ni loi notamment les mercenaires tchadiens et soudanais, les pillages ciblés et autres exactions ont poussé les chrétiens à résister devant l’anarchie…D’où le conflit que certains leaders apprécient à tort et à travers au regard de leurs propres intérêts.

D’emblée, Amdroko s’empresse d’affirmer que c’est une guerre interconfessionnelle car une telle position lui permet de renforcer ses supputations sur la lutte armée des anti balaka et de donner une certaine explication sur les représailles inextinguibles des seleka .Même son de cloche du côté de son mentor Deby qui défend d’une manière abracadabrante la sempiternelle présence de l’armée tchadienne en Centrafricaine. Il n’est point un secret de polichinelle que le président Deby a fait une déclaration dans laquelle il estime que l’armée tchadienne est présente en Centrafrique dans l’unique intention de protéger les sujets tchadiens qui sont souvent victimes des exactions et autres délits.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Dans sa déclaration à l’endroit des députés tchadiens, Il a rendu la classe politique centrafricaine responsable des dérives de la transition et il a réaffirmé un soutien indéfectible et inéluctable à son armée qui frise en ce moment toutes les réactions acrimonieuses de la Centrafrique profonde. Diantre ! Le président Deby s’offre même en spectacle dans sa déclaration pour s’adresser directement au peuple centrafricain …L’imposture du Président Deby donne quelques prurits de démangeaison dans la politicaillerie centrafricaine et dans le pays tout entier. Si certains Centrafricains acceptent au bénéfice du doute le diktat dont le pays est victime jusqu’à nos jours par le Tchad, ils n’admettront jamais une injonction ubuesque du tyran tchadien.

D’ailleurs, il est temps que le voisin géant aux pieds d’argile descende de son piédestal car il dispose d’énormes cailloux dans sa chaussure. La défection de son chef d’état major et la rébellion, qui s’activent actuellement de son côté, doivent l’inciter à revoir ses techniques d’approches. Ce qui est sûr, Deby peut changer à tour de bras les présidents centrafricains mais il ne pourra en aucun cas changer l’âme du peuple tout entier. Toutefois, les Centrafricains sont de plus en plus nombreux à exiger le départ des mercenaires tchadiens et soudanais ainsi que le rapatriement sans ambages des troupes tchadiennes de la Misca. Puisqu’il y’a une certaine causalité entre Amdroko et tous ces trublions sur la recrudescence du conflit actuel en Centrafrique, il ne serait guère fastidieux qu’une autre transition s’impose sans la présence du préfet de Deby.

Une chose est sûre, si le Président Hollande veut réussir l’opération Sangaris en Centrafrique, il sera contraint de revoir ses rapports avec le voisin géant aux pieds d’argile. En tout cas, le dossier centrafricain divisera les amis d’hier et créera les ennemis de demain.

Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste
mayterodrigue@yahoo.fr Depuis Saint Pierre des Corps à Tours