C’est un témoignage qui met en lumière la face cachée de l’implication de combattants étrangers dans la guerre russo-ukrainienne. Partis avec l’espoir d’une vie meilleure ou attirés par des promesses contractuelles, ces deux compatriotes affirment être aujourd'hui dans l'impossibilité totale de quitter le territoire.
Des documents confisqués, un retour impossible
Le point le plus critique de leur récit concerne la perte de leur liberté de mouvement. Selon leurs déclarations, leurs passeports auraient été confisqués dès leur incorporation, une pratique souvent rapportée dans les zones de conflit pour prévenir les déserteurs.
Sans documents de voyage originaux et bloqués dans des zones sous haute tension militaire, ils se retrouvent dans un vide juridique et administratif, incapables de franchir les frontières ou de se rendre dans une représentation diplomatique.
Le dilemme de l'État camerounais
Cet appel à l'aide place le gouvernement camerounais, et plus particulièrement le Ministère des Relations Extérieures (MINREX), face à un défi complexe :
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Le volet consulaire : La protection des citoyens à l'étranger est une mission régalienne. L'État peut délivrer des laissez-passer, mais l'accès physique aux ressortissants en zone de guerre reste tributaire de la coopération des autorités russes.
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Le volet juridique : Le droit camerounais, comme celui de nombreux pays, encadre strictement le mercenariat. S'engager dans une armée étrangère sans l'aval des autorités nationales peut compliquer la nature de l'assistance diplomatique fournie.
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La sécurité des expatriés : Ce cas souligne l'urgence de sensibiliser la jeunesse camerounaise sur les risques réels des recrutements internationaux en temps de crise.
Vers une réponse diplomatique ?
Pour les observateurs, une issue favorable dépendra de la capacité de Yaoundé à négocier avec Moscou la libération et le transfert de ces citoyens. Au-delà du cas de ces deux hommes, c'est toute la problématique de la sécurité des Camerounais dans les « zones rouges » qui est posée.
« L'État doit réagir promptement pour garantir le droit de retour de ses fils, tout en envoyant un signal fort pour éviter que d'autres ne tombent dans ce même engrenage », commente un analyste en relations internationales.
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Détresse en zone de guerre : Deux Camerounais engagés au front russe supplient Yaoundé de les rapatrier











