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AFRIQUE

Nigeria : panique et fuite de civils après le départ de l'armée tchadienne


Alwihda Info | Par AFP - 4 Janvier 2020


Nigeria : panique et fuite de civils après le départ de l'armée tchadienne. © Alwihda Info/Djimet Wiche
Nigeria : panique et fuite de civils après le départ de l'armée tchadienne. © Alwihda Info/Djimet Wiche
Le Tchad a mis fin à sa mission contre Boko Haram dans le nord-est du Nigeria voisin et a retiré ses 1 200 hommes de l'autre côté de la frontière, a déclaré samedi à l'AFP un porte-parole de l'armée.

Des centaines de civils nigérians, installés à proximité des contingents tchadiens, ont fui par crainte de nouvelles attaques des djihadistes.

Leur départ a semé la panique dans la petite ville de Gajiganna, à proximité de Monguno, deux bases où étaient regroupées les forces tchadiennes. «Les soldats tchadiens ont quitté leur base à Gajiranna et dans la ville garnison de Monguno, avec leur tanks et tout leur équipement militaire», a dit à l'AFP un membre des milices civiles engagées dans la lutte contre les djihadistes, sous couvert de l'anonymat.

«Les soldats nigérians qui travaillaient aux côtés des Tchadiens sont partis eux-aussi», a-t-il ajouté, sans préciser si ce départ était un ordre de la hiérarchie ou si les soldats s'étaient enfuis. «En conséquence, la plupart des résidents de Gajiganna sont partis à Maiduguri, la capitale de l'État du Borno, de peur que les ''terroristes'' viennent les attaquer», selon la même source.

"Plus aucun de nos soldats au Nigeria"

Les 1200 soldats tchadiens, qui étaient déployés depuis neuf mois au Nigeria dans le cadre de la lutte contre le groupe djihadiste, sont arrivés dès vendredi dans leur capitale, N'Djamena, en passant par le Cameroun.

Juchés sur leurs pick-up pour certains ou assis sur les chars transportés par les porte-chars, ils ont traversé le pont qui sépare la ville camerounaise de Kousseri de N'Djamena sous le regard curieux des habitants, a rapporté vendredi un journaliste de l'AFP.

« Ce sont nos éléments qui sont partis prêter main forte aux soldats nigérians il y a plusieurs mois qui rentrent au pays, ils ont fini leur mission », a expliqué samedi le porte-parole de l'armée tchadienne, le colonel Azem Bermandoa, sans préciser si ces militaires allaient être relevés par d'autres. «Il n'y a plus aucun de nos soldats au Nigeria. Ceux qui sont rentrés vont regagner leur secteur du lac Tchad.»

Un redéploiement au Lac

« Ceux qui sont rentrés retourneront dans leur secteur au bord du lac Tchad », a expliqué le porte-parole de l'armée tchadienne.

Ils seront "déployés dans la région du lac Tchad pour renforcer la sécurité le long de la frontière", a indiqué à l'AFP un haut responsable local.

Cependant, le chef d’état-major général du Tchad, le général Tahir Erda Tahiro, a déclaré que si les pays de la région qui contribuent à la force multinationale étaient d'accord, davantage de troupes seraient probablement envoyées.

"Si les Etats autour du lac Tchad se mettent d'accord sur une nouvelle mission, il y aura sûrement un autre contingent redéployé sur le terrain", a déclaré Tahiro à l'AFP.

Le groupe djihadiste connu sous le nom de Boko Haram a commencé son insurrection sanglante dans le nord-est du Nigéria en 2009, mais il s'est depuis propagé au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins, provoquant une réponse militaire régionale.

Les quatre pays se sont regroupés au sein de la Force opérationnelle multinationale mixte pour lutter contre l'insurrection, avec le soutien de comités de défense civile.