Des femmes, sacs de courses à la main, marchent dans une rue déserte du quartier Jabra à Khartoum. Photo AFP via Getty Images.
Les signalements de violences sexuelles liées au conflit sont en augmentation, révélant un schéma d'abus systématique, sous-déclaré et largement impuni. Au-delà des dommages physiques et psychologiques immédiats infligés aux survivantes, ces violations menacent le tissu social des communautés et compromettent les perspectives de paix, de relèvement et de développement durable.
Une arme de guerre et une violation des droits humains
Les violences sexuelles dans le conflit soudanais ne sont pas un phénomène isolé ; elles sont de plus en plus utilisées comme tactique de guerre pour terroriser les populations, déplacer des communautés et asseoir leur pouvoir. Les femmes et les filles, notamment celles issues de communautés marginalisées et déplacées, sont confrontées à des risques accrus lors des attaques, des déplacements forcés et lorsqu’elles cherchent des biens de première nécessité comme de la nourriture, de l’eau ou des soins de santé. «
Ces actes constituent de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains », a déclaré Human Rights Watch, au nom d’une coalition d’ONG appelant à la libération des personnels de santé détenus illégalement à Gaza et en Cisjordanie, dans une déclaration publiée le 30 juin 2025. « Il ne s’agit pas seulement de crimes contre des individus, mais d’atteintes à des communautés entières et aux principes de dignité et de justice. »
Les survivantes subissent souvent de multiples préjudices : blessures physiques, traumatismes, stigmatisation sociale et accès limité aux soins médicaux, au soutien psychosocial et aux recours juridiques. La peur des représailles et les normes de genre profondément ancrées contribuent à réduire au silence nombre d’entre elles, permettant ainsi à ces abus de se perpétuer en toute impunité.
Obstacles à la protection et au soutien
L’insécurité persistante et l’effondrement des services essentiels ont fortement entravé les mécanismes de protection. Les établissements de santé sont saturés ou inaccessibles, et les voies de signalement sécurisées restent limitées. Les acteurs humanitaires sont confrontés à d’importants défis opérationnels, tandis que les organisations locales de femmes, souvent en première ligne pour intervenir, disposent de ressources limitées malgré leur rôle crucial dans le soutien aux survivantes.
« Les femmes et les filles ne peuvent pas attendre la fin du conflit pour que leurs droits soient protégés », a souligné Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes, dans un récent communiqué de presse. « La protection doit être immédiate, centrée sur les survivantes et intégrée à tous les efforts humanitaires et de paix », a-t-elle ajouté.
L’impératif de la responsabilité
L’impunité demeure l’un des principaux facteurs de la persistance des violences sexuelles au Soudan. Les victimes voient rarement les auteurs de ces violences tenus responsables de leurs actes, ce qui renforce le cycle des abus et érode la confiance dans les institutions. La responsabilité n’est pas seulement une obligation légale ; elle est essentielle à la guérison, à la dissuasion et à la stabilité à long terme.
Une véritable responsabilité exige des enquêtes indépendantes, des processus de justice participatifs et une coopération internationale afin de garantir que les crimes soient documentés et poursuivis. Il est tout aussi important d’inclure les femmes dans les processus de consolidation de la paix et de prise de décision, afin que les réponses apportées reflètent les réalités vécues et donnent la priorité à la justice.
Appel à l'action
La crise au Soudan exige une action urgente et coordonnée des autorités nationales, des instances régionales et de la communauté internationale. Il s'agit notamment de :
• Renforcer les mécanismes de protection des femmes et des filles;
• Garantir un financement durable des services destinés aux victimes;
• Soutenir les organisations locales dirigées par des femmes;
• Promouvoir la redevabilité par le biais des voies juridiques nationales et internationales; • Intégrer une approche sensible au genre dans la réponse humanitaire et les processus de paix.
« Protéger les femmes et les filles n'est pas une question périphérique ; c'est un élément essentiel pour mettre fin au conflit et instaurer une paix juste et durable. Le silence et l'inaction ne sont pas neutres ; ils perpétuent les violences. » C'est ce qu'ont souligné la secrétaire générale adjointe de l'ONU, Amina Mohammed, et la directrice exécutive de l'ONU, Sima Bahous, lors du débat public de haut niveau du Conseil de sécurité de l'ONU sur la « Protection des civils dans les conflits armés », le 22 mai 2025, au siège de l'ONU, dans une déclaration conjointe.
Conclusion
Alors que le Soudan se trouve à un tournant critique, le traitement réservé aux femmes et aux filles sera déterminant pour la réponse à la crise. Lutter contre les violences sexuelles liées au conflit avec urgence, intégrité et détermination est non seulement un impératif moral, mais aussi un fondement indispensable au redressement, à la réconciliation et à un avenir plus pacifique.
Une arme de guerre et une violation des droits humains
Les violences sexuelles dans le conflit soudanais ne sont pas un phénomène isolé ; elles sont de plus en plus utilisées comme tactique de guerre pour terroriser les populations, déplacer des communautés et asseoir leur pouvoir. Les femmes et les filles, notamment celles issues de communautés marginalisées et déplacées, sont confrontées à des risques accrus lors des attaques, des déplacements forcés et lorsqu’elles cherchent des biens de première nécessité comme de la nourriture, de l’eau ou des soins de santé. «
Ces actes constituent de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains », a déclaré Human Rights Watch, au nom d’une coalition d’ONG appelant à la libération des personnels de santé détenus illégalement à Gaza et en Cisjordanie, dans une déclaration publiée le 30 juin 2025. « Il ne s’agit pas seulement de crimes contre des individus, mais d’atteintes à des communautés entières et aux principes de dignité et de justice. »
Les survivantes subissent souvent de multiples préjudices : blessures physiques, traumatismes, stigmatisation sociale et accès limité aux soins médicaux, au soutien psychosocial et aux recours juridiques. La peur des représailles et les normes de genre profondément ancrées contribuent à réduire au silence nombre d’entre elles, permettant ainsi à ces abus de se perpétuer en toute impunité.
Obstacles à la protection et au soutien
L’insécurité persistante et l’effondrement des services essentiels ont fortement entravé les mécanismes de protection. Les établissements de santé sont saturés ou inaccessibles, et les voies de signalement sécurisées restent limitées. Les acteurs humanitaires sont confrontés à d’importants défis opérationnels, tandis que les organisations locales de femmes, souvent en première ligne pour intervenir, disposent de ressources limitées malgré leur rôle crucial dans le soutien aux survivantes.
« Les femmes et les filles ne peuvent pas attendre la fin du conflit pour que leurs droits soient protégés », a souligné Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes, dans un récent communiqué de presse. « La protection doit être immédiate, centrée sur les survivantes et intégrée à tous les efforts humanitaires et de paix », a-t-elle ajouté.
L’impératif de la responsabilité
L’impunité demeure l’un des principaux facteurs de la persistance des violences sexuelles au Soudan. Les victimes voient rarement les auteurs de ces violences tenus responsables de leurs actes, ce qui renforce le cycle des abus et érode la confiance dans les institutions. La responsabilité n’est pas seulement une obligation légale ; elle est essentielle à la guérison, à la dissuasion et à la stabilité à long terme.
Une véritable responsabilité exige des enquêtes indépendantes, des processus de justice participatifs et une coopération internationale afin de garantir que les crimes soient documentés et poursuivis. Il est tout aussi important d’inclure les femmes dans les processus de consolidation de la paix et de prise de décision, afin que les réponses apportées reflètent les réalités vécues et donnent la priorité à la justice.
Appel à l'action
La crise au Soudan exige une action urgente et coordonnée des autorités nationales, des instances régionales et de la communauté internationale. Il s'agit notamment de :
• Renforcer les mécanismes de protection des femmes et des filles;
• Garantir un financement durable des services destinés aux victimes;
• Soutenir les organisations locales dirigées par des femmes;
• Promouvoir la redevabilité par le biais des voies juridiques nationales et internationales; • Intégrer une approche sensible au genre dans la réponse humanitaire et les processus de paix.
« Protéger les femmes et les filles n'est pas une question périphérique ; c'est un élément essentiel pour mettre fin au conflit et instaurer une paix juste et durable. Le silence et l'inaction ne sont pas neutres ; ils perpétuent les violences. » C'est ce qu'ont souligné la secrétaire générale adjointe de l'ONU, Amina Mohammed, et la directrice exécutive de l'ONU, Sima Bahous, lors du débat public de haut niveau du Conseil de sécurité de l'ONU sur la « Protection des civils dans les conflits armés », le 22 mai 2025, au siège de l'ONU, dans une déclaration conjointe.
Conclusion
Alors que le Soudan se trouve à un tournant critique, le traitement réservé aux femmes et aux filles sera déterminant pour la réponse à la crise. Lutter contre les violences sexuelles liées au conflit avec urgence, intégrité et détermination est non seulement un impératif moral, mais aussi un fondement indispensable au redressement, à la réconciliation et à un avenir plus pacifique.
Des Soudanaises participent à une manifestation pour dénoncer les agressions sexuelles, après que l'ONU a annoncé que 13 femmes et filles avaient été violées lors des manifestations de masse contre l'armée à Omdurman en décembre 2021. Photo : AFP/Ebrahim Hamid
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Soudan : violences sexuelles à l’égard des femmes, besoin urgent de protection et de responsabilisation








