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TCHAD

Tchad: l'opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh assassiné?


Alwihda Info | Par - Җ€BIЯ - - 7 Mars 2008 modifié le 7 Mars 2008 - 02:07


Qu'est devenu Ibni Oumar Mahamat Saleh? Le sort de cet opposant tchadien, disparu en même temps que deux autres dirigeants hostiles au président Idriss Déby, est le seul à n'avoir pas été éclairci. Et les nouvelles apportées jeudi laissent craindre le pire pour cet homme dont on est sans nouvelle depuis le 3 février, jour où les troupes gouvernementales avaient repoussé les forces rebelles et repris le contrôle de la capitale, N'Djamena. Arrivé jeudi à Paris, Ngarlejy Yorongar, l'un des deux autres opposants portés disparus il y a un mois - le troisième étant l'ex-chef d'Etat Lol Mahamat Choua - a fait des déclarations très inquiétantes.


Tchad: l'opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh assassiné?
Arrivé à Paris jeudi, l'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar a jeté le trouble en déclarant que Ibn Oumar Mahamat Saleh, disparu comme lui le 3 février et toujours pas réapparu, aurait été battu à mort par ses geôliers. Le président tchadien, Idriss Déby, qui a accepté une enquête internationale, affirme ne pas savoir où est Saleh, dont le fils a été reçu à l'Elysée par Nicolas Sarkozy.

Idriss Déby, le président tchadien, accusé de liquider ses opposants. (Reuters)Idriss Déby, le président tchadien, accusé de liquider ses opposants. (Reuters)

Qu'est devenu Ibn Mamahat Saleh? Le sort de cet opposant tchadien, disparu en même temps que deux autres dirigeants hostiles au président Idriss Déby, est le seul à n'avoir pas été éclairci. Et les nouvelles apportées jeudi laissent craindre le pire pour cet homme dont on est sans nouvelle depuis le 3 février, jour où les troupes gouvernementales avaient repoussé les forces rebelles et repris le contrôle de la capitale, N'Djamena. Arrivé jeudi à Paris, Ngarlejy Yorongar, l'un des deux autres opposants portés disparus il y a un mois - le troisième étant l'ex-chef d'Etat Lol Mahamat Choua - a fait des déclarations très inquiétantes.

"Je crois savoir que [Saleh] est mort, à moins d'un miracle, mais je ne crois pas aux miracles", a dit Yorongar, dont la trace a été retrouvée au Cameroun après que la France s'était inquiétée de son sort. Le député tchadien, venu à Paris pour se faire soigner parce qu'il craint d'avoir été empoisonné, avait été arrêté le 3 février. Selon lui, Saleh a subi le même sort, mais n'a pas survécu au traitement radical qui lui aurait été infligé. "Saleh est arrivé après moi. Les militaires qui l'ont amené se sont mis à le frapper, coups de crosse, coups de poing, coups de pied, etc. Ils l'ont conduit dans une cellule et entre le 4 et le 6 (février), je crois savoir qu'il est mort", a témoigné Yorongar.

La disparition des trois hommes a été très commentée par la France, dont l'implication auprès des troupes gouvernementales combattant les rebelles a fait débat. A plusieurs reprises, le ministère des Affaires étrangères avait demandé au Tchad de dire ce qu'étaient devenus les trois dirigeants d'oppositions. Depuis, les autorités tchadiennes ont fait savoir que l'ancien président Choua était en résidence surveillée en tant que "prisonnier de guerre". Yorongar a donc réussi à fuir le Tchad et, réfugié au Cameroun, il s'est vu offrir un visa par l'ambassade de France. Interrogé jeudi sur une éventuelle demande d'asile politique, il a simplement jugé que ce n'était "pas le moment". Reste donc Saleh, dont les seules nouvelles, alarmantes, sont venues de Yorongar, qui a demandé à la France de "faire toute la lumière" sur cette affaire. Lors de sa visite au Tchad, le 27 février, Nicolas Sarkozy a obtenu d'Idriss Déby qu'il accepte la création d'une commission d'enquête internationale sur les disparitions et arrestations d'opposants. Mais il n'est pas sûr que celle-ci puisse obtenir du pouvoir qu'il avoue son possible crime, si les propos de Yorongar s'avéraient vrais.

Fabrice VOISIN


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