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REPORTAGE

Tchad : le concassage, une activité de survie à N'Djamena


Alwihda Info | Par Tchonchimbo Ouapi Raphaël - 10 Juin 2021


Tchad : le concassage, une activité de survie à N'Djamena
Partout dans les différents quartiers de la capitale tchadienne, cette activité est pratiquée par les femmes, quelques fois les jeunes, pour pouvoir joindre les deux bouts. La plupart sont des femmes qui s'adonnent à cette activité, au péril de leur vie, dans la poussière et sous le soleil. Certains concasseurs sont âgés de plus de 50 ans.

Au marché à béton concassé, à 10 mètres du Palais du 15 dans le 8ème arrondissement, les bruits des marteaux contre le béton -amassé dans différents chantiers- résonnent. Sous un soleil accablant, des femmes travaillent chaque jour ; il n'y a pas d'autres issues. Elles guettent les différents chantiers de construction publics comme privés. Quelques fois, les chefs de chantier dégagent un poteau ou les restes d'un mûr mal construit. Les femmes saisissent donc l'opportunité pour casser le béton en petits morceaux et revendre pour subvenir aux besoins familiaux quotidiens.

La manœuvre est pénible et fatigante. Au bout d'intenses efforts à coups de marteau, le béton se réduit en petits gravats.

Assises à même le sol, les femmes manient le marteau comme les forgerons ; quelques-unes expliquent en arabe local le motif de leur présence à cet endroit. Djamila Hissène, mère de trois enfants, est l'une des concasseuses : "nous sommes tous les jours ici pour casser le béton. Il n'y a pas un autre travail pour nous, c'est ici seulement. Et les clients se font rares en ces temps. Vous voyez un sac de ciment rempli à 750 Fcfa, certains acheteurs généreux le reprennent à 1000 ou 1250 Fcfa".

"On se fait de la peine pour réduire le béton en petits morceaux mais le plus difficile est la vente", explique Hadje Amine qui se protège du soleil sous un parasol. Elle se dit fatiguée d'exprimer ses revendications car "il n'y a jamais eu d'aide".

"Nous achetons le porte-tout de béton à 5000 Fcfa avec des jeunes. Il faut maintenant s'asseoir pour réduire en petits morceaux le chargement. Malgré cela, les clients veulent négocier au prix le plus bas", affirme Hadje Amine.

​"Seul Allah peut nous sortir de cette pauvreté mais pas les gouvernants de ce pays", conclut-elle.

De l'avis d'un acheteur, cette situation est paradoxale pour un pays pétrolier qui regorge des richesses. Il invite les autorités à descendre dans les différents quartiers pour s'enquérir de la pauvreté notoire de la population qui vit à 80% de la débrouillardise. Car un peuple affamé est un peuple improductif.