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Cameroun:Elimination projetée de l'ex-ministre Essimi Menye


Alwihda Info | Par - 14 Décembre 2016 modifié le 14 Décembre 2016 - 06:51

Les instigateurs de ce projet macabre entendent ouvrir la voie à des représailles contre le chef de l’Etat en le faisant passer pour un dictateur sanguinaire devant la « communauté internationale ». Voici l’enquête parue dans le très sérieux hebdomadaire camerounais "Essigan".


Cameroun:Elimination projetée de l'ex-ministre Essimi Menye
Après avoir perturbé son séjour suisse, les ennemis de Paul Biya viennent de découvrir autre chose. Dans les réseaux sociaux, ils font circuler une affaire : le régime de Yaoundé aurait décidé d’éliminer Essimi Menye, l’ex-ministre des Finances (Minfi)  et aussi de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). On prétend donc qu’un commando aurait été dépêché aux Etats-Unis précisément à Washington avec pour mission de faire la peau à l’ancien membre du gouvernement. On prête à Essimi Menye un discours rancunier du style « Si le régime Biya continue à me pourchasser, je vais tout balancer ». Dans certains milieux, on affirme que l’ex-grand argentier disposerait de documents et d’informations préjudiciables au régime de Paul Biya. D’où la décision de l’effacer afin d’éliminer tout risque de déballage. Un plan aurait donc été ourdi par l’entourage du président de la République en vue de réduire définitivement au silence M. Esssimi Menye. On parle d’un éventuel empoisonnement de l’homme qui a repris ses fonctions au FMI.
De telles allégations méritent d’être analysées. D’abord le régime Biya n’a pas l’habitude des éliminations physiques de ses adversaires. Ils sont nombreux qui vivent au Cameroun et critiquent férocement ce régime. Sauf s’ils ont détourné des fonds publics, ils n’ont rien à craindre. On a beau dire, la plupart des « grands » qui se retrouvent embastillés à Kondengui ou au SED ont quelque chose à se reprocher au plan de la moralité publique. Ils ont beau ruer dans les brancards, tous ne sont pas blancs comme neige. En complotant l’élimination d’Essimi Menye, les ennemis de Paul Biya entendent ternir l’image du régime de Yaoundé. Le mettre au niveau des dictatures sanglantes qui peuplent encore le monde. C’est donc une grossière tentative de déstabilisation du président de la République.

Faut-il rappeler que c’est Paul Biya qui a permis l’évacuation sanitaire d’Essimi Menye dont le prolongement du séjour à l’étranger notamment aux Etats-Unis procède entre autres, des raisons de santé. Autrement dit, l’ancien Minfi a eu la vie sauve grâce au chef de l’Etat. Or, on l’imagine mal en disgrâce avec sa réputation de fidèle du président de la République jamais soupçonné de trahison.

Pourtant, si le régime avait voulu vraiment l’éliminer, il avait mille fois l’occasion de le faire. Par exemple, on l’aurait neutralisé une fois pour toutes en le mettant aux arrêts dans le cadre de la procédure judiciaire initiée à son encontre alors même qu’il était encore membre du gouvernement.

Cet homme à la carrure de rugbymen s’était plutôt construit auprès de l’opinion publique une image  de technocrate acharné dans la mise en œuvre des réformes économiques mais plutôt distant des arènes politiques. Et l’on voit bien toutes les difficultés que ses comploteurs éprouvent pour le faire passer pour un opposant politique au régime de Yaoundé. Ainsi, pour pouvoir lui coller une image de cible idéale de la répression du pouvoir, on a tenté de lui coudre une camisole d’opposant politique il y a quelques mois en faisant circuler des informations laissant croire qu’il avait créé un parti politique depuis les Etats-Unis d’Amérique. A bout du compte, outre les cinglants démentis d’Essimi Menye dans la presse, les vérifications opérées par les services d’intelligence camerounais avaient conclu à un grotesque canular et le journal qui s’en était fait l’écho fut sévèrement sanctionné par le conseil national de la communication (CNC).

C’est donc un homme dénué d’ambitions politiques. On ne lui connait d’ailleurs pas la moindre convoitise du fauteuil présidentiel, un argument régulièrement convoqué par certains barons du régime pour justifier leur disgrâce. En définitive, politiquement, l’ex-Minfi est quantité négligeable pour le pouvoir de Yaoundé et on ne voit pas qu’est-ce qu’il gagnerait à fomenter son élimination. Sauf à vouloir contribuer à la déstabilisation du régime. Objectif manifestement visés par ceux qui rechercheraient l’élimination d’Essimi Menye afin d’assimiler le pouvoir de Yaoundé à une dictature sanglante que la communauté internationale gagnerait à neutraliser assez rapidement pour limiter un bain de sang imaginaire.


Ismael Lawal
Correspondant d'Alwihda Info à Yaoundé, Cameroun. +237 695884015 En savoir plus sur cet auteur


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