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Lettre ouverte à Monsieur N. SARKOZY Président de la République Française.


Alwihda Info | Par mallymma@yahoo.fr - 22 Février 2008


Excellence Monsieur le Président,

Excellence Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de me permettre de vous adresser cette lettre pour vous exprimer ma désapprobation, (partant la désapprobation du peuple Tchadien) à l’égard de la politique Française au Tchad.

Je pense tout d’abord qu’un rappel historique est nécessaire sans que cela ne doive être considéré comme une insulte à l’égard de quiconque. En ma qualité de ״nègre״ d’Afrique ; je fais naturellement partie des gens dont les ancêtres, les grands parents, les parents ont subi soit la traite négrière, soit la colonisation, soit le néo colonialisme ; ce qui veut dire que nous avons été des sujets français avant de devenir Tchadiens. Par contre vous, vous avez suivi le chemin inverse ; vos parents étaient étrangers avant de devenir (naturalisés) français ; vous-mêmes, vous êtes incontestablement français (à 100%), puisque vos compatriotes vous ont élu Président de la République.

Permettez- moi de vous dire que vous êtes un chef d’Etat français ‘’ atypique’’, ce n’est pas tant à cause de votre origine (n’en parlons plus) que de vos discours, vos actions : d’abord vous avez annoncé (à Cotonou ?) la rupture et le changement, ensuite vous avez dit le contraire à Dakar ; votre discours vis-à-vis des Nègres (au Sénégal, le pays de L.S Senghor, le chantre de la negritude, à l’Université Cheikh Anta Diop, le théoricien de la civilisation nègre de l’Egypte Pharaonique). Vous avez dit que le nègre n’a pas d’histoire, ou plutôt un peuple en dehors de l’histoire réfractaire au progrès ; excusez moi si j’ai mal interprété votre propos, puisque moi-même je ne suis pas très fort en français, je maîtrise plutôt mal la langue de Molière car ״nous nous sommes rencontrés grands״ comme on dit chez moi (c’est le petit nègre n’est ce pas?).

Monsieur le Président,

Je préférerais ne pas m’ingérer dans les affaires intérieures de la France (je n’en ai plus droit puisque je n’en ai plus la nationalité) sinon je serais tenté de demander aux français de voter pour un autre candidat la prochaine fois. Pourquoi? Par ce qu’en vous ingérant dans les affaires intérieures du Tchad vous avez fait beaucoup de mal, beaucoup de tort au peuple tchadien. Après plusieurs décennies de guerres civiles, le tchadien aspire à vivre dans l’unité, la cohésion, la stabilité la justice et la prospérité. Mais la France veut coûte que coûte maintenir un régime corrompu, clanique, impopulaire, cynique, depradataire, incapable et moribond. La preuve? Elle est palpable, visible, évidente : saccages et destruction par le peuple de tout ce qui est public, identifié au régime ; le peuple a exprimé son raz-le-bol à sa façon. il se rend compte d’une évidence ;le régime impopulaire tchadien, soutenu à bout de bras par la France qui est devenue elle-même par conséquent très impopulaire au Tchad :les sondages d’opinion n’existent pas au Tchad, essayez de le faire d’une manière ou d’une autre et vous seriez édifié Monsieur le Président . Un conseil ou un avertissement : ne soyez pas surpris si un jour les tchadien s’en prennent au français résidant au Tchad ou aux intérêts de la France ; un Président averti en vaut deux .
Monsieur le Président, je répète encore ; la logique des tchadien est ceci : un régime clanique, injuste est maintenu au Tchad par la France complice à différents niveaux : les hommes, les richesses (le pétrole) ne servent pas à développer le pays pour le bonheur des tchadiens mais plutôt faire la guerre, le gaspillage, achat des armes, mauvaise gestion, trucage des élections etc bref c’est le désespoir.
La France, au lieu de garder la neutralité ou aider à aller vers une sortie de crise, renforce le régime dans son égarement et bloque tout changement, elle doit au retour en subir toutes les conséquences.
Voilà, Monsieur le président, ces propos peu agréables à entendre n’auront aucune influence sur le cours des événements, mais ils sont importants pour l’Histoire, j’estime qu’ils méritent d’être dits.
Veillez agréer Monsieur le Président de la République Française, l’impression de mon profond respect.