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CULTURE

Tchad : artiste Moubarak Djerbété malade, quand la culture tchadienne abandonne ses icônes


Alwihda Info | Par Barra Lutter - 7 Janvier 2026



Tchad : artiste Moubarak Djerbété malade, quand la culture tchadienne abandonne ses icônes
Atteint d’une grave pathologie de la tête du fémur, colonel Moubarak Djerbété, de son vrai nom Youssouf Mahamat Harab, traverse l’une des périodes les plus difficiles de sa vie. Artiste engagé depuis plusieurs décennies, il dénonce aujourd’hui l’indifférence des institutions et la précarité persistante du statut des créateurs au Tchad.

Une maladie lourde, un silence institutionnel
Depuis plusieurs années, l’état de santé de colonel Moubarak Djerbété se dégrade. La maladie de la tête du fémur dont il souffre nécessite une prise en charge médicale spécialisée, souvent inaccessible sans appui financier et institutionnel. Selon l’artiste, toutes les démarches entreprises auprès des autorités compétentes sont restées vaines. « J’ai envoyé quatre correspondances sans suite », confie-t-il, amer. Un silence administratif qui illustre, selon lui, le peu de considération accordé aux acteurs culturels une fois la notoriété estompée.

Des décennies de carrière sans statut social
Artiste depuis 1988, colonel Moubarak Djerbété dresse un constat sévère de sa trajectoire professionnelle. Malgré son engagement continu et sa contribution à la scène artistique nationale, il affirme n’avoir jamais bénéficié d’un statut clair ni d’un salaire régulier. « Depuis 1988 que je suis artiste, je n’ai ni statut ni salaire. Mais qu’en est-il de la génération future ? », s’interroge-t-il. Une question qui dépasse son cas personnel et renvoie à la fragilité structurelle du secteur culturel tchadien, encore largement informel.

Le droit d’auteur, une illusion sociale ?
Dans son plaidoyer, l’artiste remet en cause l’efficacité du système de droit d’auteur comme mécanisme de protection sociale. « Peut-on compter sur le droit d’auteur pour se soigner ? » demande-t-il. Pour de nombreux artistes, ces revenus demeurent irréguliers et insuffisants pour faire face à des situations d’urgence, notamment sanitaires. Une réalité partagée dans plusieurs pays africains, où la reconnaissance artistique ne garantit ni sécurité sociale ni retraite.

Un appel à la solidarité et à la responsabilité publique
Aujourd’hui affaibli, colonel Moubarak Djerbété en appelle à la solidarité nationale et interpelle implicitement l’État sur sa responsabilité envers ceux qui portent la mémoire culturelle du pays. « Je demande le soutien de la population et je m’en remets à Dieu pour qu’il me protège jusqu’à la fin de mes jours », déclare-t-il. Son témoignage met en lumière une problématique récurrente : le sort des artistes africains face à la maladie, au vieillissement et à l’oubli, dans des systèmes culturels encore peu protecteurs.



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