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REPORTAGE

Tchad : la bouse de vache, un combustible très utilisé


Alwihda Info | Par Yana Abdoulaye - 16 Mai 2021


Alors que le gouvernement a interdit l'utilisation du charbon de bois de chauffe depuis 2008 au nom de la protection de l'environnement, la bouse des bœufs est devenue une alternative pour la fabrication et la cuisson de brique mais aussi dans la cuisine.

Au bord d’un bassin de rétention d’eau à Ambatta, un nombre important de sacs remplis de bouse de vache est visible. Sous la canicule de ce samedi 15 mai, un jeune homme, la vingtaine, décharge une charrette à cheval remplie de ces excréments des bœufs. À jet de pierre d’un géant four, Ismael Daoud s’active pour procéder à un mélange de terre avec de la bouse de vache.

Des pelles et houes sont trempées dans l’eau en réserve pour une éventuelle utilisation. Entretemps, un récipient lui sert à ajouter ces excréments à la boue déjà mouillée. « Avec la bouse de vache, nous réussissons facilement la cuisson de briques, elle est plus économique que le charbon à bois et les dômes », informe-t-il.

Non loin de là, toujours au bord de ce bassin de rétention d’eau, un homme fait preuve de vigilance pour un mélange équilibré. « Il y a des techniques et des doses à respecter pour une bonne cuisson des briques. Pour mouler 1000 briques, il faut 25 sacs de bouse en poudre. Pour avoir des bonnes briques, il faut faire un bon mélange, qu’il soit homogène et le laisser entre 7h à 10h de temps avant le moulage », explique Mbaisisem Enock.

Selon cet expert, si le dosage échoue et que le temps n'est pas respecté, il faut s'attendre à un échec. « Soit les briques fondent, soit elles ne seront pas bien cuites ou seront calcinées », ajoute-t-il.

La bouse est collectée dans les quartiers et en périphérie de la ville de N’Djamena par des femmes et enfants. Elle est séchée avant d'être proposée aux acheteurs. « La bouse de vache facilite la fabrication de brique et sa cuisson », nous renseigne un habitant d’Atrone.

La bouse de vache est ramassée dans les bergeries, les quartiers et villages environnants de N’Djamena. « Nous parcourons des distances pour collecter », renseigne un vendeur derrière un cheval qui tire à peine sa charrette débordée de bouse de vache. Le prix du sac de ces excréments devenu utile varie. « Nous achetons entre 300 à 500 Fcfa le sac et 100 Fcfa à 250 Fcfa le sac en poudre, pour venir le revendre avec une petite marge », explique un vendeur.

Un acheteur, Bichara Ahmat, relève que « vu le poids du fagot et vu le problème qu’il suscite entre les agents forestiers et le transport, (il) préfère vendre la bouse pour être tranquille ». 

Des femmes s'en servent pour préparer des boissons traditionnelles. Malgré l’odeur que la bouse vache dégage quand elle consume, et ce qu'elle peut entrainer sur la qualité de la boisson, ces femmes se disent conscientes. Les multiples critiques des consommateurs n'ont pas atténué la pratique. « Compte tenu de la cherté des fagots, nous sommes obligées de faire avec les moyens à notre bourse », affirme Mado.








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