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REPORTAGE

Tchad : traitement des déchets, une source de revenus pour des jeunes artisans


Alwihda Info | Par Tchonchimbo Ouapi Raphaël - 30 Avril 2021

Ces derniers reconnaissent qu'ils parviennent à se prendre en charge et que le désir d'intégration à la fonction publique appartient au passé.


Tchad : traitement des déchets, une source de revenus pour des jeunes artisans
Après le recyclage des bouteilles en plastique et les morceaux de fer, ce sont les pneus usés des autobus, bennes et gros-porteurs qui sont récupérés par les jeunes artisans, afin de fabriquer différents sortes d'ustensiles de cuisine. À la fin de la matinée, au marché de Dembé, devant les agences de voyages, des produits usagés sont exposés à la vente. "Vous voulez quelque chose ?", interpelle un vendeur en arabe local.

À l'aide de marteau, enclume, pince, tuyau à pipe et fer de 6, les artisans sont à l'œuvre pour concevoir les ustensiles. Ils achètent auprès de garagistes des pneus usés à vil prix, pour espérer tirer profit, tandis que le fer de 6 s'achète en quincaillerie. Artisan habitué du coin, Ali Dallah a fait de cette activité, un gagne-pain : "C'est mon unique travail, c'est mon gagne-pain", dit-il d'un air pessimiste, avant d'enchainer en expliquant qu'il compte trouver un atelier pour renforcer ses capacités de production. Le prix des ustensiles varie entre 1250 à 9000 FCFA, selon la grandeur. Un peu plus loin, dans une ruelle étroite qui jouxte une agence de voyage, un autre groupe de jeunes artisans est en plein travail, sous une bâche. L'ambiance est accaparée par le bruit des marteaux.

Munis de gants rouges, les jeunes artisans sont réticents pour parler. Ils expliquent toutefois avoir été trompés par des fausses promesses d'une association née sous leurs pieds. Rondouba Manassé est licencié en géographie de l'université de Moundou et compte 12 ans dans le traitement des déchets. "Ici nous nous utilisons deux fils", précise-t-il. Le blanc selon ses propres termes s'appelle "ballot" et le noir, "le sens unique".

"On travail 7 jours sur 7 et de 7 heures à 17 heures. Nous fabriquons six ustensiles par jour, en fonction de la disponibilité des matériaux de conception", souligne Manassé. Par exemple, le grillage sert pour la grillade de viande et de poisson ; le panier de conservation et les brochettes pour la viande ; le tamis pour les arachides ou encore les ustensiles de cuisine pour conserver les légumes. Manassé paye 500 FCFA à la mairie du 6ème arrondissement, tandis que la voirie prend 3000 FCFA par mois. "Il y a trop de harcèlements.

Pourtant, cette mairie n'assure jamais la propreté de notre espace de travail. Il faut ajouter à cela la mévente due à l'arrivée du gaz butane, la rareté du charbon de bois et la pluie qui engendre la rouille”, déclare-t-il. Ces jeunes artisans créateurs reconnaissent qu'ils parviennent à se prendre en charge. Pour eux, le désir d'intégration à la fonction publique appartient au passé.