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N'Djamena : quand chaque route bitumée mène à un débit de boissons


Alwihda Info | Par Barra Lutter - 19 Janvier 2026


À N’Djamena, le bitume ne sèche jamais seul. À peine une nouvelle route livrée à la circulation que, presque mécaniquement, surgissent des débits de boissons.


Bars improvisés, cabarets à ciel ouvert, kiosques bruyants : le décor est désormais familier. Dans la capitale tchadienne, l’aménagement urbain semble aller de pair avec l’implantation anarchique de lieux de consommation d’alcool.

Les nouvelles routes devraient symboliser le progrès, la mobilité et le développement. Mais sur le terrain, elles deviennent trop souvent des couloirs de nuisances. Les trottoirs disparaissent sous les tables en plastique, la circulation se complique, le bruit s’installe jusqu’à des heures tardives et l’insécurité gagne du terrain. N’Djamena se transforme alors en une ville où l’espace public est confisqué au profit d’activités informelles peu ou pas régulées.

Cette prolifération des débits de boissons n’est pas anodine. Elle révèle l’échec du contrôle urbain et l’absence d’une politique claire d’occupation de l’espace public à N’Djamena. Là où des bibliothèques de quartier, des aires de jeux ou des commerces structurants pourraient voir le jour, ce sont des bars qui poussent, souvent sans autorisation, parfois sous le regard complaisant des autorités locales.

Le problème n’est pas la consommation d’alcool en soi, mais son anarchie. Les débits de boissons s’installent à proximité des écoles, des mosquées et des habitations familiales, exposant les jeunes à des dérives sociales bien connues : alcoolisme précoce, violences, accidents de la route. Chaque nouvelle route bitumée devient ainsi un facteur aggravant de désordre social.

Les habitants de N’Djamena s’interrogent. À quoi sert le développement des infrastructures si aucune règle n’encadre leur usage ? Peut-on parler de modernisation lorsque le bitume attire plus de bars que de services publics ? La capitale mérite mieux qu’une urbanisation livrée au hasard et à la débrouille.

Il est temps que la mairie centrale et les communes d’arrondissement reprennent la main. Réglementer, autoriser, interdire quand il le faut. Une route bitumée n’est pas une invitation permanente à l’ivresse collective. À N’Djamena, le progrès doit rimer avec ordre, vision et responsabilité.




Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)