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REPORTAGE

Tchad : après la pluie, les bassins de rétention dégagent des odeurs nauséabondes​


Alwihda Info | Par Mbainaissem Gedeon - 14 Juin 2021


La capitale N’Djamena fait face à d’énormes difficultés liées à l’incivisme de sa population et au manque de volonté des autorités. La première forte pluie laisse place à des odeurs nauséabondes qui se dégagent des bassins de rétention.

Depuis la première pluie enregistrée vendredi 4 juin, les bassins de rétention dégagent des odeurs nauséabondes. Un risque pour les personnes asthmatiques et les âmes sensibles aux odeurs.

Dans les quartiers où se trouvent les bassins de rétentions tels que Walia Gardolet, Walia Barrière non loin de 3AS, Walia Gosso vers le petit marché, Habena derrière le Lycée, Santana, Amtoukoïe, Rue Chari Mongo, Klemat vers la place de Nation, Parc de Moussoro et Goudji Barrière, les eaux de pluie se sont accumulées, en plus des plastiques, bouteilles d'eau et saletés qui flottent à l'air libre.

Ces bassins sont considérés comme des latrines publiques pour ceux qui défèquent à l'air libre. Que l’on soit à pied, à moto ou en véhicule, l’odeur est frappante, donnant parfois l'envie de vomir.

Quelle stratégie faut-il adopter pour assainir la ville ?

Le directeur de l’assainissement au ministère de l’Hydraulique urbaine et rurale, Douguengar Masra Arsène, explique que la question de l'assainissement relève tout d'abord de la mentalité et du comportement.

"Pour avoir un environnement sain, il faut que la population ait conscience du danger que représente le manque d’assainissement. La population doit connaitre ses devoirs de citoyen et les appliquer, sinon on parlera toujours de l’assainissement et ça sera difficile de changer", indique Douguengar Masra Arsène.

Économiquement, l’État perd des milliards chaque année à cause du manque d’hygiène et d'assainissement. Selon le directeur de l’assainissement, pour assainir une ville, on a besoin de la volonté et de l’engagement. Tant que la population n’est pas engagée, tant que l’État et ses partenaires n’ont pas la volonté, l’insalubrité existera toujours. 

Douguengar Masra Arsène conseille aux populations de déposer les ordures ménagères dans un bac à ordures ou dans les bacs des communes, de bruler les ordures et de s'organiser en association de bon voisinage pour assainir l'environnement.

Aux autorités communales, il est recommandé de collecter les ordures ménagères dans les bacs, de les traiter en dehors de la ville, de traiter les eaux dans les bassins de rétention et d'amender les récalcitrants qui ne se conformeront pas à l’assainissement. "C’est ensemble dans une seule vision que nous pouvons assainir notre environnement et changer notre cité", assure Douguengar Masra Arsène.

L’assainissement est une question très sensible. Le gouvernement doit mettre le paquet pour faire face à ce problème. Selon une étude documentaire faite par le programme eau et assainissement (WPS), le Tchad perd 79 milliards de FCFA chaque année dû au manque d'assainissement. Cette somme est équivalente à 8250 FCFA soit 15$ par personne au Tchad et par an, ce qui représente 2,1% du Produit Intérieur Brut (PIB).

Éviter la défécation à l'air libre

En pleine saison des pluies, la population doit éviter la défécation à l'air libre. Cet acte d'incivisme ternit l'image de la capitale. La mairie doit se mobiliser pour mettre de l’hygiène dans ces endroits en désinfectant, tandis que les autorités doivent réfléchir au vote d'une loi pour sanctionner les récalcitrants et barrer la route à l'incivisme caractérisé.

Pauvre ou riche, employés, fonctionnaires, débrouillards, chacun doit prend conscience du danger lié au manque d’assainissement et à la perte économique. Car cette pratique a une répercussion négative sur tout le monde sans distinction.