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TCHAD

Tchad : le marché de Taradona, un levier économique d'exportation du poisson tchadien


Alwihda Info | Par ‎Bandala Djobaïna Kaïssala, stagiaire - 20 Janvier 2026



Au-delà du territoire tchadien notamment, le Cameroun et Nigeria, le marché de Taradona situé dans le 7ème arrondissement s'impose comme une plaque tournante du commerce halieutique.

Chaque semaine, des tonnes de poissons secs et de « banda » traversent les frontières, générant des millions de francs CFA. Pourtant, malgré son poids économique, ce secteur peine encore à sortir de l’informel. ‎ ‎

Un carrefour commercial stratégique ‎ ‎
Le marché de Taradona joue un rôle prépondérant dans l’économie régionale.

Chaque lundi et jeudi, les produits de la pêche sont massivement exportés vers le Cameroun et le Nigeria, où la demande est constante. Dans ces pays voisins, les consommateurs plébiscitent la qualité du poisson tchadien, réputé pour son goût unique et sa haute valeur nutritionnelle. ‎ ‎

À l’échelle nationale, ce commerce assure également la sécurité alimentaire. Le poisson sec est transporté vers les zones déficitaires du Tchad, notamment à Pala, Léré, Moundou, Kélo et Fianga. Pour de nombreuses populations rurales, le poisson sec et le banda constituent une base essentielle de l'alimentation quotidienne. ‎ ‎

Une mine d'or encore informelle
‎ ‎Malgré des revenus s'élevant à plusieurs millions de francs CFA, cette filière reste largement désorganisée. Elle fait pourtant vivre une chaîne d’acteurs complète : pêcheurs, transformateurs, commerçants et transporteurs.

‎ ‎Pour Mahamat Idriss, délégué du marché des poissons secs et banda, l’implication de l’État est urgente : ‎ « L’État doit aménager ce secteur pour le rendre plus crédible et professionnel. Nos produits sont les meilleurs ; les clients viennent du Cameroun, du Nigeria et de tout le Tchad car ils préfèrent la qualité de notre poisson. Certains parcourent de très longues distances pour s'approvisionner ici. » ‎ ‎

Des défis logistiques et fiscaux
‎ ‎Cependant, la réalité du terrain est loin d'être simple pour les opérateurs économiques. Alhadji, commerçant sur le marché, pointe du doigt des obstacles majeurs qui freinent l'essor de l'activité. Malgré l'abondance de la clientèle, les commerçants font face à une pression fiscale jugée excessive, et à un état de dégradation avancé des infrastructures routières, tant à l'intérieur du pays qu'aux zones frontalières. ‎ ‎Si ce secteur bénéficiait d'une meilleure organisation et d'infrastructures adéquates, il pourrait devenir l'un des piliers du développement économique du Tchad, transformant un commerce de survie en une véritable industrie d'exportation compétitive.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)